PRESIDENTIELLE 2019: Les rappeurs passent au crible leur engagement politique

Daddy Bisson, Baydi de Bidew Bou Bess, Mass Black Diamond, Malal Talla. Ils étaient tous présents hier à Goethe Institut pour discuter et justifier les positions qu’ils ont prises pour tel ou tel candidat pour la prochaine élection présidentielle.

Le rappeur français Médine disait que le rap avait quelque chose de romantique. Au Sénégal, il a maintenant un goût pour la politique. De la protestation, les rappeurs  sont passés à l’engagement citoyen avant de faire manifestement un saut vers les partis politiques. Et pour s’en convaincre, il fallait entendre Daddy Bibson.

 L’ancien membre du mythique groupe des années 2000 « Rapaadio » milite pour l’élection du président du Rewmi, Idrissa Seck. « Je vous invite à aller consulter le programme de mon candidat Idrissa Seck, c’est du lourd », lance Cheikh Coly de son vrai nom. Ne tarissant d’éloges à l’endroit de l’ancien Premier ministre, il soutient : « En 1989, c’est Idrissa Seck qui a introduit internet dans le gouvernement de Diouf.  Il a changé le visage de Thiès et je pense que c’est quelqu’un qui peut sortir le Sénégal de l’ornière ». En plus l’ancien acolyte de Keyti et Iba déclare qu’il veut devenir député. « Et la seule manière d’y arriver au Sénégal, c’est d’adhérer à un parti », indique-t-il.

 Et si le soutien de Daddy Bibson pour Idrissa Seck ne souffre d’aucun doute le porte-parole et membre du groupe Bidew Bou Bess est quant à lui beaucoup plus nuancé. « Dernièrement, on a fait une chanson sur les réalisations du président Macky Sall et on l’assume et la raison n’est pas un problème de fond mais de forme », argue le membre du premier groupe de rap sénégalais à avoir un disque d’Or, soulignant qu’ils ont pratiqué le Sénégal des profondeurs et ont vu que le visage du pays a changé. Selon lui c’est pourquoi ils ont voulu rendre hommage au président Macky Sall. Toutefois il a estimé qu’ils sont passés à autres choses, car dit-il « ils ne font pas de la politique ». Le petit frére de Makhtar pense que la démocratie voudrait qu’on respecte les positions de chacun et qu’on sache que le dénominateur commun, c’est le Sénégal.

Quant à Mass de Black Diamond même s’il réaffirme son soutien pour Ousmane Sonko, il trouve que l’ère des messies est révolue et que le développement du Sénégal passera nécessairement par un effort collectif.

Même s’il n’est d’aucune obédience, le membre du mouvement y’en a marre, Malal Talla affirme que le rap n’est pas une religion. « Et les acteurs de chaque génération déterminent ce que doit être le Hip Hop  et je ne suis pas d’accord qu’on confine le rap dans un discours unique et la diversité des opinions enrichit le Hip Hop », argue le tonitruant rappeur, ajoutant que tant que le débat est posé le Hip Hop est dans le mouvement.

( Mamadou Mbakhé NDIAYE )