LANCEMENT OPERATION: « FAXASS »: Première mobilisation à demi-teinte des gilets oranges  

Le mouvement « Gueum Sa Bopp » a initié l’opération « Faxass » (Ndlr : se débarrasser du régime de Macky Sall) destinée à dénoncer les dérives du Président Maky Sall. Leur première mobilisation n’a pas été un grand succès. Mais, loin de se décourager, Bougane et Cie promettent de revenir tous les jours sur les lieux jusqu’à ce que Macky Sall revienne à la raison.

Tous vêtus de gilets oranges, les manifestants ont investi la place de l’obélisque,

hier, dans l’après-midi. Le sit-in organisé par le mouvement Gueum Sa Bopp a pour objectif d’offrir une tribune aux Sénégalais pour dénoncer la situation politico-judiciaire du pays à la veille de la présidentielle. Toutefois, loin des marches et autres mobilisations de grande ampleur, la rencontre n’a pas enregistré une grande foule. En gilets oranges et regroupés de façon compacte, les jeunesses de Gueum Sa Bopp ont réussi à attirer l’attention sur eux. Mais, ce regroupement à demi-teinte n’a pas découragé pour autant les initiateurs de l’évènement.

 Prenant la parole, Bougane Gueye Dany a indiqué que ce n’est que le début et qu’ils viendront tous les jours sur les lieux jusqu’à ce que le Président Macky Sall revienne à la raison et accepte de jouer franc jeu. « L’opération Faxass (Ndlr : se débarrasser du régime) ne fait que commencer. Cela ne va pas s’arrêter. Nous ferons tout pour rétablir la démocratie dans ce pays. Le Sénégal ne mérite pas cela », a-t-il souligné. Poursuivant, le candidat recalé par les parrainages assure que ce combat est celui du peuple et qu’il faudra que les Sénégalais viennent répondre en masse aux mobilisations, non sans indiquer qu’il y a à peu près 1000 personnes sur place. Selon Bougane Gueye Dany, Macky Sall a réussi à imposer 7 candidats pour le premier tour de la vérification des candidatures à la présidentielle. Et comme annoncé par le Premier ministre, ajoute-t-il, il (Ndlr : Macky Sall) fera de sorte qu’on ait 5 candidats sur la ligne de départ le jour du scrutin du 24 février 2019. « Seuls les Sénégalais peuvent l’en empêcher », a-t-il renchéri. Avant de demander les uns et les autres à rester unis. Le Professeur Malick Ndiaye qui était de la partie, a déploré le fait que le Conseil constitutionnel se soit agenouillé devant l’Exécutif. Pour lui, les sages se sont laissés instrumentaliser par le pouvoir qui veut, coûte que coûte, frauder les élections. « On doit se mobiliser pendant un mois sans relâche », a-t-il répété. Le leader de la plateforme « Avenir Senegaal Bi Nu Beg », Cheikh Tidiane Dièye a également martelé que le combat ne fait que commencer. « Je lance un appel patriotique à tous les leaders. Il faut également que le peuple se soulève. L’heure n’est plus aux discours, mais plutôt à la mobilisation. Il ne s’agit plus de partis politiques ou de candidatures, mais de République. Il faut sauver le Sénégal », explique-t-il.

Prenant la parole, Ousmane Sonko a d’abord déploré le fait que les Sénégalais n’aient pas répondu en masse à cet appel de Guem Sa Bopp. « Il faut que les Sénégalais soit sérieux et sortent de leur salon douillet. Ce combat est le leur. Parce que tous les partis politiques, PUR, PASTEF, PDS, ont eu à) démontrer qu’ils peuvent remplir cet esplanade. Si les Sénégalais pensent que c’est un combat de personne qu’ils se détrompent. La jeunesse, surtout, doit savoir que Macky Sall est prêt à tout pour rester au pouvoir. On n’a jamais gagné un combat post-électoral en Afrique. Le combat, on le gagne avant les élections. Sinon, il fera tout ce qu’il veut et le Conseil constitutionnel va le déclarer vainqueur. Que personne ne vienne se lamenter après », a-t-il averti.

Sonko répond à Aliou Sall : « Je n’ai pas volé l’argent du pétrole et du gaz des Sénégalais »

Le leader de Pastef laisse entrevoir qu’on est au bout de sept années de mandature de Macky Sall, marquées par des détournements de deniers publics, le bradage des intérêts des Sénégalais au profit des puissances étrangères, la gouvernance méchante, la liquidation systématique de ses adversaires politiques, le mensonge d’Etat, la corruption à tout point de vue. Il soutient que donner un second mandat à Macky Sall serait une catastrophe puisque que son objectif c’est d’avoir 3 mandats. Tout au moins, il souligne que c’est comme cela que le chef de l’Etat et ses partisans interprètent l’article 27 de la Constitution.

 Répondant à Aliou Sall qui l’a cité dans l’affaire du bradage du littoral à Guédiawaye, il répond : « J’ai entendu le frère de Macky Sall dire que c’est le syndicat des Impôts Et Domaines qui me finance. Je n’ai pas volé l’argent du pétrole des Sénégalais. Je n’ai pas volé l’argent du gaz sénégalais », s’est-il contenté de dire.

( Seydina Bilal DIALLO )