7700 MILLIARDS MOBILISES AU GROUPE CONSULTATIF DE PARIS: Le taux d’absorption s’élève à 5%, moins d’un mois après

L’Etat du Sénégal est revenu de Paris, en décembre dernier avec des intentions de financement d’un montant de 7700 milliards F CFA annoncés par les Partenaires Financiers et Techniques (PTF). Aujourd’hui, le taux d’absorption s’élève à environ 5%.

C’est le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan qui a donné l’information, hier, lors de la signature d’un accord de financement sous forme d’appui budgétaire général entre l’Etat du Sénégal et la Banque mondiale pour un montant global de 104 000 000 000 milliards de FCFA. Faisant état du Plan d’Action prioritaire 2 (PAP2 2019-2023) du PSE, Amadou Ba a indiqué que toutes les ressources nécessaires à la réalisation de ce programme sont disponibles. La preuve, dit-il, depuis que le gouvernement est revenu du consultatif de Paris jusqu’à maintenant, 5% des intentions de financement sont déjà rentrés. « Le jour du groupe consultatif de Paris, j’ai signé les 3% soit 263 milliards à peu près. Aujourd’hui avec les 104 milliards de la Banque mondiale, on est plus loin des 5% », a-t-il informé.

Amadou Ba estime que tout ceci montre que les bailleurs sont pressés d’aider le Sénégal et la vision du chef de l’Etat à travers le PSE. Juste que, précise-t-il, il appartient au Sénégal de combattre davantage pour l’absorption de toutes les ressources annoncées par les PTF. « C’est vrai que la mobilisation de ces ressources et la mise en place des fonds de contrepartie constituent un problème. Mais, je voudrais vous dire que toutes les dispositions vont être prises par le gouvernement pour engager les réformes nécessaires permettant une absorption efficace de l’ensemble de ces ressources », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Economie et des Finances n’a pas manqué de remercier les Partenaires Financiers et Techniques pour les intentions de financement d’un montant de 7700 milliards F CFA lors du groupe consultatif de Paris, soit un taux de succès de 270%.

 A l’en croire, ces engagements sont constitués de dons non remboursables pour 1 435 milliards F CFA, soit 18,6% et d’emprunts à des taux concessionnels pour 6 265 milliards F CFA, soit 81,4%. Poursuivant, il affirme que sous le magistère du Président Macky Sall, l’organisation des deux derniers groupes consultatifs en 2014 et en 2018 a permis d’enregistrer des engagements financiers  de 11 429 milliards F CFA, soit 2,65 fois plus que les annonces de financement d’un montant de 4 303 milliards FCFA des six (6) groupes consultatifs organisés par le Sénégal avant 2012. Toujours selon Amadou Ba, la contribution attendue du Groupe de la Banque Mondiale d’un montant de 1 925 milliards de francs CFA est de loin la plus importante de tous les engagements financiers enregistrés. « Elle sera mobilisée sous forme de dons non remboursables et de financements concessionnels qui comportent un élément don d’au moins 50% », a-t-il précisé.

Budget 2019 : « Les dépenses publiques ont connu un niveau d’engagement de 158,5 milliards de F CFA»

Un peu plutôt, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan s’est réjoui de la signature avec  Louise CORD, Directrice des Opérations de la Banque mondiale, du deuxième accord de crédits, sous forme d’appui budgétaire général pour un montant global de cent quatre-vingt millions de dollars (180.000.000 $US) soit cent quatre  milliards (104 000 000 000 de FCFA). « C’est une première pour un pays de l’Afrique au Sud du Sahara, d’enregistrer un tel niveau d’appui budgétaire général. Et l’approbation de cet appui budgétaire permettra au Gouvernement du Sénégal de démarrer avec aisance les opérations financières de la gestion 2019 », souligne-t-il, non sans informer que l’exécution du budget 2019 a démarré le premier jour ouvrable de l’an (02 janvier 2019) et qu’à la date du 09 janvier 2019, les dépenses publiques ont connu un niveau d’engagement de 158,5 milliards de F CFA. Pour le ministre, cet appui budgétaire de la Banque Mondiale va être déterminant dans le financement de ces dépenses publiques en complément à la mobilisation des ressources internes de l’Etat. Il indique dans la foulée que la mobilisation de cet appui budgétaire est subordonnée à la réalisation d’un certain nombre de mesures de réformes dans les secteurs de l’énergie et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) stratégiques. En effet, dans le secteur de l’énergie, il s’agira de renforcer la gouvernance et la gestion de SENELEC afin de réduire les coûts et faciliter un accès équitable par une série de mesures visant entre autres : Le paiement régulier des factures des entités publiques autonomes ; l’assainissement des relations entre la société d’électricité et les administrations fiscales la prise en charge budgétaire de la compensation tarifaire induite par le non ajustement des prix de l’électricité, la mise en place d’une taxe parafiscale devant permettre à terme la prise en charge des factures de l’éclairage public. Aussi, la promotion de l’électrification rurale sera renforcée par la mise en place d’un système d’harmonisation tarifaire. Dans le secteur du pétrole, une stratégie GAS TO POWER a été adoptée. Elle vise l’utilisation du gaz pour l’alimentation des centrales de la SENELEC afin de réduire considérablement les prix de l’électricité. Dans le domaine des TIC, les points d’amélioration porteront notamment sur : L’environnement de travail des opérateurs de télécommunications. A ce titre, un Code des Communications électroniques a été adopté ainsi que ses décrets d’application, il y a également la rationalisation des conditions d’exercice des fournisseurs d’accès internet afin d’atteindre l’objectif d’accès à internet pour tous, la mise en place d’un Conseil National du Numérique, et la mise en concession après un audit complet, du patrimoine de fibres optiques géré actuellement par l’ADIE.

Louise Cord : « Il faut plus de rigueur pour maintenir les taux de croissance élevés de l’économie sénégalaise… »

Prenant la parole, la Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée Bissau et Cabo Verde,  Louise Cord a soutenu que les performances de l’économie sénégalaise tant saluées par les partenaires publics et privés lors du Groupe consultatif doivent encourager le Sénégal à poursuivre les efforts dans l’avancée des réformes structurelles, telles que définies dans le PSE. En effet, dit-elle,  le maintien des taux de croissance élevés de l’économie sénégalaise va nécessiter encore plus de rigueur pour éliminer les goulots d’étranglement restants dans les secteurs clés et continuer à promouvoir la croissance inclusive. Dans ce contexte, elle laisse entrevoir que la Banque mondiale réaffirme sa disponibilité pour commencer à travailler sur la réalisation d’une troisième opération de soutien aux réformes, avec comme objectif de poursuivre la consolidation de la SENELEC aux  aspects financiers, techniques et de gouvernance, d’avancer dans la transition vers l’utilisation du gaz pour la production d’électricité, de permettre l’entrée de nouveaux opérateurs dans le secteur des télécom et de l’internet, les FAI, et de développer les plateformes institutionnelles, légales et réglementaires pour consolider les fondements de l’économie numérique.

( Seydina Bilal DIALLO )