MOÏSE SARR, CHEF DU SERVICE DE GESTION DES ETUDIANTS SENEGALAIS A L’ETRANGER: «Nous déposons de l’argent dans le compte de notre consul au Caire pour payer nos étudiants au Soudan »

C’est un véritable chemin de croix pour payer les bourses des étudiants sénégalais au Soudan. Le chef du service de gestion des étudiants étrangers à l’étranger, Moïse Sarr a expliqué le subterfuge par lequel les bourses des étudiants sénégalais au Soudan sont payées.   «Nous déposons de l’argent dans le compte de notre consul au Caire pour payer nos étudiants au Soudan », a-t-il expliqué.

 

Au Soudan, il a été très difficile pour les autorités sénégalaises d’assurer un soutien permanent aux étudiants qui y vivent. Une situation due à «un embargo américain très sévère » qui  fait qu’aucune banque française ne peut faire de transactions vers le Soudan, selon Moïse Sarr. « C’est pourquoi, il était difficile de payer les bourses de nos étudiants qui y sont. Il fallait alors trouver une solution. Cela d’autant plus qu’on n’y dispose pas de représentation diplomatique », explique Moïse Sarr. « Pour payer les bourses, il fallait faire le virement dans le compte du Consul honoraire du Sénégal qui est au Soudan et qui dispose aussi d’un compte en France », explique-t-il. « On alimente son compte en France et on dépêche une équipe au Caire et en concert avec les responsables des étudiants au Soudan, on procéde aux paiements par billetterie », a poursuivi M. Sarr, assurant qu’à cette date l’Etat du Sénégal est à jour par rapport aux paiements des bourses des étudiants sénégalais au Soudan. « Nous allons très prochainement procéder par anticipation au paiement de toute l’année académique 2018 2019. Mais pas que pour le Soudan seulement car l’embargo frappe aussi l’Iran. C’est le  cas aussi pour la Russie », a-t-il fait savoir non sans préciser qu’il peut y avoir une impossibilité matérielle de paiement, mais il n’y a jamais eu de retard de paiement. « Il n’y a aucun retard de paiement constaté depuis ma prise de fonction. Nos paiements sont réguliers et sont maîtrisés », a certifié Moïse Sarr,  assurant que tous les premiers du mois, qu’il coïncide avec un samedi ou dimanche ses services se déplacent dans plus  40 pays pour procéder aux paiements par virement.

A cela s’ajoute la disponibilité d’une plateforme qui permet à chaque étudiant allocataire de bourse d’avoir son espace personnel sécurisé par un mot de passe qui lui permet aussi d’avoir des informations réelles sur le statut et le traitement de son dossier, le montant de son paiement et la gestion de son billet. « Nous avons mis en place des dispositifs d’accompagnement  comme la question des logements qui n’existaient pas avant ma prise de fonction à  la tête de ce service. Il n’ y avait aucune convention en terme d’hébergement entre le service et les partenaires sociaux. Aujourd’hui nous sommes à huit conventions et  nous avons pu loger des milliers d’étudiants grâce à ces conventionsse jouit Moïse Sarr. Il soutient dans le même sillage qu’il a été mis à la disposition des étudiants des bourses de mobilité sortante avec billet d’avion aller-retour qui peut atteindre 439 000 francs CFA. 


( Hérame DIAGNE )