BARTHELEMY DIAS LORS DE SON PROCÈS EN APPEL: «Je suis poursuivi pour délit d’ambition présidentielle»

Après avoir relevé appel de la décision d’instance qui l’avait condamné à six mois ferme pour discrédit sur une décision de justice, le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias a com- paru hier à la barre de la Cour d’appel pour, dit-il, « être rétabli dans sa dignité». S’il a été poursuivi et condamné, dit-il, c’est sur la base du délit d’ambition présidentielle. Mais le parquet géné- ral, convaincu de sa culpabilité, a requis la confirmation du juge- ment d’instance. Pour le Ministère public, faire de la politique ne permet pas au prévenu d’insulter les institutions. Délibéré fixé le 12 décembre prochain.

Reconnu coupable d’avoir jeté le discrédit sur une décision de justice et condamné en avril dernier à six mois de prison ferme, Bar- thélémy Dias avait interjeté appel de cette décision. Se montrant railleur, il soutient qu’il ne s’attendait pas à ce que cette affaire soit enrôlée à quelques heures seulement de son élargissement. A l’en croire, ses propos incrimi- nés sont l’expression d’un senti- ment d’amertume. «Je considère que ce n’est pas une décision de justice qui a été rendue. Pourquoi je suis le seul à être poursuivi alors que d’autres ont tenu des propos plus offensants ? Des gens ont parlé de corruption dans la magistrature et n’ont jamais été poursuivis. Un magistrat a démissionné de la magistrature et n’a pas non plus été poursuivi, moi j’ai parlé de prostitution qui peut être intellectuelle ou morale et on m’a arrêté», clame-t-il avant de dénoncer l’intervention des éléments du Gign lourdement armés et envoyés par le procureur de la République pour le cueillir en plein jour. «De la même manière qu’on veut rendre certaines per- sonnes inéligibles, on veut me museler. Toutes mes comparu- tions sont liées à la politique. A chaque veille d’élection, je dois toujours me retrouver à la barre. Le tribunal est le dernier rempart de l’injustice et de l’oppression et on est en train de divertir les Sénégalais sur des questions poli-
tiques. La preuve, après les élections, vous (juges) ne verrez plus nos visages parce qu’il n’y aura plus d’enjeux», a lancé Barthé- lémy Dias à la Cour. En somme, soutient-il : « je suis poursuivi pour délit d’ambition présidentielle et non pour un délit figurant dans le code pénal ».
BARTHÉLÉMY DIAS : « J’AI CRITIQUÉ JE N’AI PAS DISCRÉDITÉ»
Interpellé par le juge sur les délits d’outrage et de discrédit jeté sur une décision de justice de justice, de provocation d’attroupement non suivi d’effet, Barthélémy Dias nie en bloc. «Aussi bien à l’en- quête qu’à l’audition, j’ai toujours récusé ces chefs d’accusation», dit-il. Sur le délit d’outrage, il indique qu’il n’a jamais cité de magistrat. S’agissant du délit de provocation d’un attroupement, le prévenu estime que c’est impossible de demander à un homme politique de se garder d’appeler la population à descendre dans la rue et à défendre leurs intérêts. «Je continue à lancer cet appel parce que jusqu’à présent, il n’y a pas de dialogue politique», souligne le mis en cause qui précise, par ailleurs, que son intention n’est pas de renverser le régime. Quant au discrédit jeté sur une décision de justice et qui lui a valu une condamnation de six mois ferme, le maire de Mermoz Sacré-Cœur rappelle qu’il a été provoqué. «On a été provoqué et on a répondu à la provocation. La décision qui m’a poussé à dire cela est injurieuse», martèle Barthélémy Dias au procureur général qui lui a rapporté ses propos. (Ndlr : des juges qui n’ont pas de scrupule, ni de vergogne et qui croient que c’est Macky Sall leur patron …). Suite à cette sortie musclée, il re- connaît avoir créé un «électro- choc» qui, à l’en croire, va servir tout le monde. «Je récuse les accusations de discrédit sur une décision de justice parce que cette décision a été critiquée à l’inté- rieur comme à l’extérieur du Sé- négal par des magistrats aussi crédibles que moi, pour ne pas dire, aussi crédibles que vous. Si j’ai jeté un discrédit sur la justice, la CEDEAO, Amnesty International, le Forum du justiciable ainsi que toutes les organisations internationales ont aussi jeté le dis- crédit sur la justice pour avoir commenté la décision rendue dans l’affaire Khalifa Sall. et pourtant, ces derniers n’ont pas été poursuivis. Un homme politique a publiquement insulté les institutions et n’a jamais été inquiété. Je suis victime d’une dynamique qui consiste à me museler. J’ai cri- tiqué, je n’ai pas discrédité», tonne le maire de Mermoz Sacré- Cœur.

SUBJECTIVISME DU PREMIER JUGE DÉNONCÉ
A la suite des débats d’audience, les conseils de la défense ont plaidé la relaxe en faveur de leur client, invitant ainsi la Cour d’Appel à infirmer la décision d’instance. De l’avis de Me Amadou Ali Kane, on ne peut poursuivre Barthélémy Dias en l’absence de l’auteur principal qui, dans cette affaire, se trouve être l’organe qui a permis à son client de diffuser ses propos. «Si la loi est appliquée, mon client ne peut être condamné. C’est par corporatisme que les premiers juges ont condamné Barthélémy Dias», tonne le conseil. Même son de cloche chez son confrère de la défense, Me El Hadj Diouf qui, dans sa plaidoirie, estime que les «brebis galeuses» sont dans tous les corps. «Personne ne peut dire que tous les avocats ou tous les magistrats sont d’honnêtes citoyens. C’est grave de qualifier ces faits en outrage», clame Me Diouf qui juge « inacceptable et subjective » la décision prononcée en première instance. Selon Me El Mamadou Ndiaye, Barthémély Dias a dit tout haut devant les caméras ce que tout le monde pensait tout bas à la suite du dé- libéré de l’affaire de la Caisse d’avance, le 31 mars dernier. L’avocat s’est évertué à démonter les arguments du premier juge pour motiver sa décision. A l’en croire, le juge aurait dit dans ses motivations que le prévenu ne s’est pas amendé et avait confirmé ses propos de manière virulente à la barre. Ce qui lui fait dire que cette décision est teintée de subjectivisme. En effet, le juge doit faire abstraction des défauts de son client. «C’est dans l’objectivité qu’une décision doit être rendue. Le juge a condamné parce que c’est Barthélémy Dias. Ce qu’il a dit d’autres l’ont dit. L’absence d’indépendance de la justice est une réalité», fulmine la robe noire.
PG : « CE N’EST PAS PARCE QU’ON EST POLITIQUE, QU’ON DOIT INSULTER LES INSTITUTIONS »
De son côté, le procureur général a requis la confirmation du jugement d’instance parce que, dit-il, la décision rendue se justifie. «On a reproché au parquet la seule comparution de Barthélémy
Reconnu coupable d’avoir jeté le discrédit sur une décision de justice et condamné en avril dernier à six mois de prison ferme, Barthélémy Dias avait interjeté appel de cette décision. Se montrant railleur, il soutient qu’il ne s’attendait pas à ce que cette affaire soit enrôlée à quelques heures seulement de son élargissement. A l’en croire, ses propos incriminés sont l’expression d’un senti- ment d’amertume. «Je considère que ce n’est pas une décision de justice qui a été rendue. Pourquoi je suis le seul à être poursuivi alors que d’autres ont tenu des propos plus offensants ? Des gens ont parlé de corruption dans la magistrature et n’ont jamais été poursuivis. Un magistrat a démissionné de la magistrature et n’a pas non plus été poursuivi, moi j’ai parlé de prostitution qui peut être intellectuelle ou morale et on m’a arrêté», clame-t-il avant de dénoncer l’intervention des éléments du Gign lourdement armés et envoyés par le procureur de la République pour le cueillir en plein jour. «De la même manière qu’on veut rendre certaines personnes inéligibles, on veut me museler. Toutes mes comparutions sont liées à la politique. A chaque veille d’élection, je dois toujours me retrouver à la barre. Le tribunal est le dernier rempart de l’injustice et de l’oppression et on est en train de divertir les Sénégalais sur des questions politiques. La preuve, après les élections, vous (juges) ne verrez plus nos visages parce qu’il n’y aura plus d’enjeux», a lancé Barthélémy Dias à la Cour. En somme, soutient-il : « je suis poursuivi pour délit d’ambition présidentielle et non pour un délit figurant dans le code pénal ».

BARTHÉLÉMY DIAS : « J’AI CRITIQUÉ, JE N’AI PAS DISCRÉDITÉ»
Interpellé par le juge sur les délits d’outrage et de discrédit jeté sur une décision de justice de justice, de provocation d’attroupement non suivi d’effet, Barthélémy Dias nie en bloc. «Aussi bien à l’en- quête qu’à l’audition, j’ai toujours récusé ces chefs d’accusation», dit-il. Sur le délit d’outrage, il in- dique qu’il n’a jamais cité de magistrat. S’agissant du délit de provocation d’un attroupement, le prévenu estime que c’est impossible de demander à un homme politique de se garder d’appeler la population à descendre dans la rue et à défendre leurs intérêts. «Je continue à lancer cet appel parce que jusqu’à présent, il n’y a pas de dialogue politique», souligne le mis en cause qui précise, par ailleurs, que son intention n’est pas de renverser le régime. Quant au discrédit jeté sur une décision de justice et qui lui a valu une condamnation de six mois ferme, le maire de Mermoz Sacré-Cœur rappelle qu’il a été provoqué. «On Dias. C’est une affaire de droit commun, ce n’est pas parce que le directeur de Dakaractu n’est pas poursuivi que Barthélémy Dias ne doit pas être poursuivi. La responsabilité pénale est individuelle et le ressort des poursuites incombe au parquet», affirme le maitre des poursuites. Revenant sur les faits, il rappelle qu’une décision de justice sera toujours critiquée. «Nous sommes en démocratie et il y a la liberté d’expression. Mais, la Constitution encadre cette liberté d’expression. On n’a pas le droit de dire tout ce qu’on veut. Les propos injurieux portent atteinte à l’autorité de la Justice qu’on le veuille ou pas. Si on n’avait laissé en toute impunité insulter les institutions de la République, l’anarchie va régner», indique l’avocat général qui rappelle que Dias-fils a été poursuivi, par le passé, pour les mêmes faits. «Il est certes engagé et virulent, mais doit savoir s’arrêter là où ses droits s’arrêtent. Ce n’est pas parce qu’on est politique qu’on doit insulter les institutions», tranche-t-il. Le délibéré est attendu le 12 décembre prochain.

( Toutinfo.net avec Moussa CISS )