FORUM INTERNATIONAL DE DAKAR: Le général Babacar Gaye appelle les pays à repenser leurs politiques de défense

Les rideaux sont tombés, hier, sur la cinquième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Profitant de la tribune qui lui était offerte, le général Babacar gaye, ancien chef d’état-major des armées sénégalaises, a appelé les pays représentés au forum à repenser leur politique de défense.

Prenant part à la cinquième édition du Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le général Babacar
Gaye, ancien chef d’état-major des armées sénégalaises, est d’avis que les pays représentés au Forum doivent repenser leur politique de défense en tenant compte de leurs fragilités poli- tiques, économiques et environ- nementales. Dans son intervention lors de la confé- rence sur la sécurité et le déve- loppement en Afrique, dans le cadre du Forum international sur la paix et la sécurité ouverte avant-hier, au centre international de conférence Abdou Diouf, l’ancien représentant spécial du secrétaire général de l’Onu et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en République centrafricaine (Minusca) estime qu’il est temps d’adapter nos armées à ce qui devrait être leur objectif majeur, à savoir la sécurité humaine. Ainsi il a prôné que nos forces soient articulées en fonction de nos fragilités. « Qu’il s’agisse de nos fragilités politiques, économiques et surtout environnementales, il faut que nos forces, nos bataillons d’infanterie, nos compagnies de gendarmerie, nos éléments des eaux et forêts et des douanes puissent accepter d’entrer dans des cadres opérationnels, qui seront des réponses à des fragilités », a préconisé l’ancien Chef d’état-major des armées sénégalaises . De son côté, la sociologue sénégalaise et féministe, Marie-Angélique Savané, souhaite la matérialisation de la notion « Armée de développement » pour relever les défis sécuritaires. A ce propos, elle a demandé aux militaires de prendre en compte les questions de développement dans l’exercice de leur mission.
« IL N’Y A PAS DE CONCURRENCE ENTRE LA RENCONTRE DE DAKAR ET LE G5 SAHEL »


Le journaliste-panéliste Maman Sambo Sidikou, qui prenait également par au forum de Dakar, a tenté de lever toute équivoque sur une prétendue concurrence entre la rencontre de Dakar et l’organisation qu’il représentait. Secrétaire permanent de la force conjointe du G5 Sahel, il a co-animée une conférence sur les enjeux de l’opérationnalisation du lien entre développe- ment et sécurité durables, avec une représentante de la Chine et le conseiller pour le Sahel du Secrétaire général de l’Onu. A l’en croire, il ne peut y avoir de concurrence parce que les mis- sions ne sont pas les mêmes. « C’est un forum d’échanges. Ça n’a rien à voir avec le G5 Sahel. Le G5 Sahel ne concurrence per- sonne. C’est une réponse de nos chefs d’État adoubée par l’Union africaine », précise Maman Sambo Sidikou, pour qui les États du Sahel ont un destin commun. Auparavant, le secrétaire permanent du G5 Sahel s’est félicité de la tenue du Forum international de Dakar qu’il assimile à une école. « La paix et le développement de l’Afrique sont cruciaux pour le destin de notre monde. La stabilité de l’Afrique est une chance pour la paix mondiale », a souligné  avec force Hu Junghu, représentante spéciale de la Chine pour les affaires africaines. Selon la diplomate chinoise, le redressement de l’Afrique est une opportunité pour le développement du monde entier. « Travaillons ensemble main dans la main pour apporter notre sagesse et notre contribution au développement de l’Afrique. Nous sommes convaincus que l’Afrique a devant elle un avenir encore plus radieux », estime-t-elle. La représentante spéciale de la Chine pour les affaires africaines pense, en effet, que l’élan pour la paix et la stabilité n’a cessé de se consolider ces dernières années en Afrique. Concernant le Forum de Dakar, la diplomate a souligné qu’il est devenu une des plateformes d’échanges les plus influentes dans le domaine de la sécurité en Afrique.

( Toutinfo.net et Seydina Omar GUÉYE)