THIERNO ALASSANE SALL SUR LES PROPOS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR LES CONTRATS PETROLIERS: «C’est Macky SALL qui ne sait rien de ce qu’il dit»

En recevant l’avocat Me Mame Adama Guèye pour parler de la mise en place de la plate- forme pour la tenue d’élections sécurisées, Thierno SALLa trouvé une belle occasion pour répondre à son ancien patron. Il estime que c’est ce dernier même qui ne sait rien de ce qu’il dit sur les contrats pétroliers, car ignorant la loi 98-05 du 05 janvier 1998. Sur un autre sujet, TAS s’est dit totalement en phase avec Me Mame Adama Guèye sur la tenue d’élections transparentes.

Le président de la République des Valeurs et ancien ministre en charge de l’énergie, qui s’est senti visé par le président de la République Macky Sall dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale sur la propriété réelle, a de son côté ré- pondu aux propos de ce dernier. Pour le leader de la RV, son équipe avait même envoyé une vidéo pour démontrer claire- ment que le président de la Ré- publique ignorait la loi 98-05 du 05 janvier 98. «Il ne la connais- sait pas, c’est pourquoi ce qu’il dit est en totale contradiction avec ce que dit la loi. Quand il dit que ceux qui parlent n’en savent rien, peut-être qu’il parle de lui- même», a dit Thierno Alassane Sall. Selon lui, le président de la République disait que les textes actuels ne permettent pas de pu- blier les contrats pétroliers et miniers et que c’est lui qui s’est engagé à les publier dans un souci de transparence. Pour expliquer son argumentaire, l’ancien ministre et candidat à la candidature pour la prochaine présidentielle cite l’article de la loi qui parle des contrats pétroliers et miniers. Et en son article 34, la loi dit : «le contrat après signature par le Directeur Général de Pétrosen et de la société contractante doit être approuvée par le président de la République. Auparavant, il faut également l’avis du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan», cite-t-il. Il poursuit en di- sant qu’après l’approbation du président de la République, le contrat va faire l’objet d’approbation par décret qui sera signé, publié dans le Journal Officiel et mis à la disposition de l’ensemble des sénégalais. «Je suis effaré quand le président de la République dit qu’il ne peut pas publier les contrats, mais qu’il va faire changer les dispositions afin d’introduire la publication des nouveaux contrats dans le nou- veau code.», lance Thierno Alas- sane Sall. Il ajoute que c’est le chef de l’État en personne qui dit ce qu’il ne sait pas. Pour l’ancien ministre de l’énergie, plusieurs manquements ont été notés après sa démission.
«SANS-PAPIERS DANS NOTRE PROPRE PAYS»
Ilcitelefaitqu’unepassationde service n’ait pas été organisée avec son successeur, le premier Ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, ou encore la non publication de sa nomination au Journal Officiel ainsi que d’autres dispositions qui n’ont pas été respectées. Il soutient qu’il n y a pas eu l’avis du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, comme le rappelle l’article pré- cité dans le même contrat signé avec Total. Il est rejoint dans ses explications par l’avocat Me Adama Guèye qui a lui a rendu visite dans le cadre de sa tournée pour des élections sécurisées. Pour la robe noire, c’est le jour même de la démission de Thierno Alassane Sall que le chef de l’État a demandé à son premier Ministre de prendre en charge l’énergie, avant de signer le contrat avec la compagnie française Total quelques heures après. «La loi dit qu’un décret, avant d’être appliqué, doit être publié au Journal Officiel. C’est une erreur grave vis-à-vis des étrangers avec qui le Sénégal a passé ce contrat, car c’est une violation de la loi qui dit qu’il doit y avoir une passation de service entre le sortant et le nouveau nommé», lance l’avocat. Les deux hommes, en plus des questions liées au pétrole, ont également échangé sur la sécurisation des élections présidentielles de février 2019. «Nous voulons juste des élections transparentes ; c’est pour cette raison que nous demandons au gouvernement de faire de sorte que tous les sénégalais puissent disposer de leurs cartes électeurs et voter» dit-il. De son côté, le leader de la République des Valeurs, qui a salué l’initiative, se dit être d’accord avec son camarade de l’opposition sur la mise en place de cette plateforme. «Nous sommes des sans-papiers dans notre propre pays, car plusieurs d’entre nous n’ont pas encore obtenu leurs cartes d’identité, sans compter les autres manquements», souligne M. Sall.

( Amadou THIAM avec Toutinfo.net )