MACKY SALL SUR L’USAGE D’INTERNET: «Des garde-fous s’imposent»

La cinquième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est ouverte hier au Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad) à Diamniadio. Lors de la cérémonie d’ouverture, le Président Macky Sall a soulevé la problématique de la surveillance de l’internet et de la répression de certaines formes d’usage. Il demeure convaincu que des garde-fous s’imposent.
«C’est toujours très sensible lorsqu’on parle de la liberté, surtout sur internet. Mais aujourd’hui, force est de constater que des risques existent dans le monde cybernétique». Le président de la République parlait ainsi hier, en abordant la problématique de la surveillance de l’internet et de la répression de certaines formes d’usage. A vrai dire, Macky Sall a mis des gants, sachant que ses propos peuvent être interprétés comme une volonté de restreindre des libertés. Mais, tout compte fait, il estime que la question de la surveillance sur internet doit être posée sans détour. Parce que, précise-t-il, la cybercriminalité est capable de devenir une arme de destruction massive des sociétés et des valeurs qu’elles portent. «Des garde-fous s’imposent», a t-il soutenu avant de se réjouir de l’inauguration, aujourd’hui, de l’École nationale de cyber sécurité à vocation régionale, fruit d’un partenariat franco-sénégalais. «Je remercie la France. Jean Yves Le Drian sera là dès cet après-midi (Ndlr : hier) pour ouvrir demain (Ndlr : aujourd’hui) l’École avec ses collègues sénégalais», a-t-il annoncé. A en croire le chef de l’État sénégalais, la formation d’experts sénégalais et d’autres venus de pays africains pourra être assurée dans le cadre de la prévention et de la répression de la cybercriminalité.
Par ailleurs, Macky Sall demeure convaincu que tous les efforts seront vains sans développement durable, inclusif et équitable. Il explique : «La paix, la sécurité et la stabilité fleurissent dans le jar- din de la justice sociale et de l’équité territoriale. Une croissance sans justice sociale fait le lit de toutes les frustrations. Et les zones défavorisées, urbaines comme rurales, deviennent un désert économique où ne poussent que la colère et les tentations les plus désastreuses, y compris l’immigration clandestine. Dès lors, il y a lieu de développer des programmes spécifiques en faveur des zones déshéritées pour développer leurs potentiels productifs et leur sentiment d’intégration sociale, et limiter les flux migratoires.» Toujours selon le président de la République, le forum de Dakar gagnerait à donner des orientations, des indications qui pourraient permettre à l’Afrique d’avancer. «C’est l’essence même de ce forum de Dakar », a t-il précisé. Face aux menaces, Macky Sall prône un combat pour élever les consciences par l’éducation et la formation. Mais aussi, dit-il, L’État est également interpellé parce qu’il s’agit de mobiliser le financement nécessaire à cette mission de service public. «L’éducation et la formation rendent la jeunesse difficile à manipuler et moins vulnérable aux idéologies extrémistes. Mais ce combat en- gage aussi la famille par l’éducation et la culture de la paix. La famille doit continuer à ériger les premiers remparts contre la manipulation des consciences», déclare-t-il.
Dakar abrite la 2ème édition de la Conférence internationale sur l’émergence économique en Afrique du 17 au 19 janvier 2019 Toutefois, le président de la Ré- publique estime qu’on parle souvent trop souvent même de l’Afrique qui ne marche pas : l’Afrique des conflits, de la faim, des maladies et de la migration clandestine. «Nous sommes conscients de ces défis, même avec leur part d’exagération. Mais pour soutenir la paix, la sécurité et le développement, parlons aussi plus souvent de l’Afrique qui marche. De Mombassa à Dakar, du Caire au Cap, il y a une Afrique debout, qui marche, et dont les taux de croissance sont régulièrement supérieurs à la moyenne mondiale», se martèle-t-il. Selon le Président Sall, comme l’année dernière à Abidjan, avec la première Conférence internationale sur l’émergence économique en Afrique, il sera encore question de cette Afrique qui marche avec la 2ème édition de cette Conférence pré- vue du 17 au 19 janvier 2019 à Dakar». Il demande de faire le pari sur l’Afrique qui émerge, qui ne veut pas être considérée comme un continent du futur, selon une expression à la mode, mais comme partie prenante des dynamiques du présent qui modèlent le futur, parce que les besoins d’investissements en Afrique représentent autant d’opportunités de croissance pour l’économie mondiale.

( Seydina Bilal DIALLO et Seydina Omar GUEYE avec Toutinfo.net )