CHEIKH TIDIANE DIOP MORT APRES S’ETRE IMMOLE PAR LE FEU DEVANT LE PALAIS: Son conseil pointe du doigt l’administration pénitentiaire et l’hôpital Fann

Cheikh Tidiane Diop, qui s’est immolé par le feu vendredi dernier, devant le Palais de la République, a rendu l’âme hier dimanche 04 novembre, des suites de ses brûlures. Joint au téléphone, Me Assane Dioma Ndiaye, son conseil, qui regrette cette triste fin, fait remarquer que le défunt est entré à la Maison d’arrêt et de Correction (Mac) de Rebeuss avec ses deux bras et en est ressorti avec un seul. Ne serait que sur ce plan, l’Etat a une responsabilité sur le sort de cet émigré qui vivait en Italie.

Cheikh Tidiane Diop n’est plus de ce monde. L’émigré, qui s’est immolé par le feu devant le Palais de la République vendredi dernier et qui a été admis en soins intensifs à l’hôpital Principal, a finalement rendu l’âme hier. Joint au téléphone, son conseil Me Assane Dioma Ndiaye ne cache pas ses sentiments. «Je suis très peiné et surpris. J’espérais qu’il s’en sorte. On aurait pu éviter qu’il en arrive là. Cela fait deux ans qu’il court. C’était un homme d’affaires qui a été trompé, il a reconnu son erreur. Parallèlement à son dossier devant la justice qui est au niveau de la cour suprême, il a demandé des interventions auprès de la Présidence de la République, des chefs religieux, mais n’a rien eu. Il ne voulait qu’une indemnisation, ce qui était son droit». Me Ndiaye explique qu’en détention à la prison de Rebeuss, Cheikh Tidiane Diop a eu une plaie au bras droit. Un infirmier lui a fait une injection, le bras s’est enflé. Son état de santé s’est compliqué, on l’a conduit à l’hôpital Fann puis à l’hôpital Général de Grand Yoff (Hoggy). Par la suite, on lui a amputé le bras au cours de sa détention. A sa sortie, il a estimé qu’il s’agissait d’une erreur médicale. «Il est entré à Rebeuss avec deux bras et en est sorti avec un seul. Ne serait-ce que pour cela, l’Etat lui doit une indemnisation. Pour les besoins du dossier qu’il devait présenter devant le Tribunal, l’hôpital Fann a écrit : «aurait subi une injection défectueuse». Il n’a donc pas conclu que l’injection était la cause de l’imputation. Cheikh Tidiane Diop n’était pas en mesure d’apporter les preuves que l’on exigeait. Il avait saisi le Président Macky Sall et avait reçu de petites aides, mais ce qui l’intéressait, c’était d’être indemnisé et de pouvoir reprendre ses activités. L’hôpital Fann et la prison de Rebeuss n’ont pas fait leur travail, ni assumé leurs responsabilités dans cette affaire. Il s’est dit qu’il ne sera ja- mais indemnisé et est passé à l’acte».
ME SIDIKI KABA ET LE PROCUREUR SEMBLAIENT TOUCHES PAR SON CAS MAIS…
A en croire A. Cissé, qui aurait séjourné avec la victime Cheikh Tidiane Diop à Rebeuss, raconte son triste sort. «C’était un Modou Modou qui avait une activité prospère et qui s’occupait bien de sa famille. Un jour, on l’a mis en contact avec un homme qui devait trouver des papiers pour son frère qui voulait se rendre en Europe. Ce dernier l’a trompé sur l’authenticité des documents présentés et il a été arrêté pour escroquerie au visa et faux et usage de faux. Lors de son séjour à Rebeuss, il souffrait de paludisme et un certain Ndiaye, Major, lui a fait une injection. La plaie s’est enflée et infectée. Je l’ai connu au pavillon spécial où il a séjourné pour sa convalescence après son amputation. Il ne dormait plus. Lorsque le ministre de la Justice de l’époque, Me Sidiki Kaba, et le Procureur de la République Serigne Bassirou Guèye sont venus nous voir au Pavillon spécial, ils semblaient très touchés par son cas. La première Dame avait même promis de l’aider, de l’amener en Europe, mais aucune de ces cautorités n’a tenu parole. Toute sa vie a été bousillée à cause de cette erreur médicale, alors que toute une famille dépendait de lui»

«L’ADMINISTRATION PENITENTIAIRE NE NEGLIGE PAS SES MALADES»
Jointe au téléphone, une source proche de l’administration pénitentiaire dit que c’est de bonne guerre qu’un avocat défende son
client. «Cette affaire remonte à 2016, donc avant notre nomination. Mais il y a la continuité de l’Etat, bien sûr, et nous ne pou- vons que regretter une perte en vie humaine et prier pour le défunt. Cependant, je tiens à préciser que l’administration pénitentiaire ne néglige pas ses malades. Pour vous donner une idée, nous avons au pavillon spécial des malades du cancer qui font leur dialyse gratuitement et qui ne veulent pas de
grâce présidentielle parce qu’ils savent que dehors, ils ne pourront pas avoir le même traite- ment sans bourse délier. Un autre exemple, il y a une semaine, une détenue de la mai- son d’arrêt des femmes de Liberté 6 devait accoucher. Son cas s’est compliqué, c’est l’administration pénitentiaire qui a payé 400 000 Fcfa pour qu’elle s’en sorte. La prise en charge est totale et gratuite».

( Toutinfo.net avec Hadja Diaw GAYE )

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