L’IMPORTATION EST EN TRAIN DE PLOMBER LA BOITE: La mévente d’huile de la Sonacos estimée à 7 milliards

L’importation d’huile constitue un sérieux problème pour la Sonocas qui peine à écouler sa production. actuellement, le stock d’huile en souffrance dans les magasins de la Sonacos est estimé à 7 milliards de fcfa. les travailleurs vont tenir un point de presse aujourd’hui pour alerter les autorités.

La Sonacos, qui était en train de relever la tête depuis sa reprise par l’Etat du Sénégal des mains de Abass Jaber, risque de replonger dans le gouffre. En effet, la mévente de ses produits constitue une menace sérieuse pour la société. Et les travailleurs de cette fabrique tirent la son- nette d’alarme pour éviter que la boite ne sombre. Selon le Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des industries du corps gras (Snticg), Samuel Ndour, une valeur de 7 milliards en huile raffinée et conditionnée est en souffrance dans les magasins de la Sonacos. «Les usines de Kaolack et de Ziguinchor assurent la trituration et Dakar le raffinage et le conditionnement de l’huile en sachets et en seaux de haute qualité. Une valeur de 7 milliards d’huile dort dans les magasins», a soutenu le syndicaliste qui annonce une rencontre avec la presse pour mettre au point cette situation.


A l’en croire, cette mévente s’explique par le non respect des commerçants de l’accord signé avec les autorités. «Dans la convention, il est indiqué que tout commerçant qui veut importer de l’huile est tenu d’acheter 30% de ses besoins en huile à la Sonacos pour avoir l’autorisation d’importer. Cela n’est pas respecté par les commerçants et le ministère du Commerce, qui avait annoncé l’application du protocole à la suite d’une visite à la Sonacos, peine à appliquer la mesure», regrette M. Ndour. Ainsi, les commerçants continuent d’importer de l’huile de qualité inférieure à celle de la Sonacos sous le nez du ministère du Commerce qui est amorphe. Il invite le ministre du Commerce, Alioune Sarr, à rectifier le tir avant qu’il ne soit trop tard. «Le ministre du Commerce avait promis lors de sa visite d’appliquer la convention, mais rien ne bouge depuis lors. Apparemment, les services du Commerce ne fonctionnent pas comme il se doit. Ils délivrent aux commerçants des bons d’importation d’huile sans s’assurer que ces derniers ont respecté la convention, c’est-à-dire acheter 30% de leur besoin en huile à la Sonacos», sou- ligne le responsable syndical. Ce qui fait que depuis le mois de juillet, la Sonacos peine à écouler ses produits sur le marché inondé d’huiles importées.
Cette situation survient à deux mois du démarrage de la campagne de commercialisation de l’arachide et des échéances de remboursement des dettes contractées par la Sonacos auprès des Banques. «La Sonacos avait emprunté de l’argent pour acheter de l’arachide et produire de l’huile. Maintenant, elle doit rembourser ses dettes pour obtenir une nouvelle dette pour la prochaine campagne de commercialisation de l’arachide», se lamente Samuel Ndour. Ce qui augure de sérieuses menaces sur la prochaine campagne de commercialisation de l’arachide.

( Ousseynou BALDÉ et Toutinfo.net )