RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE Menaces sur l’objectif de mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030

Selon la Banque mondiale, l’extrême pauvreté continue à reculer dans le monde, mais à un rythme ralenti. Dans un rapport publié le 19 septembre dernier par l’institution financière internationale, il est indiqué que même si le taux mondial de pauvreté est tombé au niveau sans précédent de 10% en 2015, l’objectif de mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030 est plus que jamais menacé.

«Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde.» Cet objectif fondamental de l’agenda 2030 pour le développement durable risque de ne pas se réaliser. Selon la Banque mondiale, le rythme de la baisse des taux de pauvreté ralentit et fait craindre des difficultés pour atteindre l’objectif de mettre fin à la pauvreté d’ici 2030. Les dernières données de l’institution financière laissent entrevoir que le pourcentage de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est tombé au niveau sans précé- dent de 10% en 2015, contre 11% en 2013. Le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar (Ndlr : 950 F Cfa) par jour a baissé de 68 millions pendant cette période et s’établissait à 736 millions en 2015, souligne le rapport.
Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim estime qu’ au cours des 25 dernières  années, plus d’un milliard de personnes dans le monde sont parvenues à sortir de l’extrême pauvreté, et le taux mondial de pauvreté n’a jamais été aussi bas qu’aujourd’hui. «C’est l’une des plus grandes réussites de notre temps. Mais, si nous voulons mettre fin à la pauvreté d’ici 2030, il nous faut accroître massivement les investissements, en particulier dans le développement du capital humain, afin de favoriser la croissance inclusive indispensable pour aider ceux qui vivent encore dans le dénuement. Nous n’avons pas le droit d’échouer», a-t-il expliqué.
D’après toujours la Banque mondiale, malgré les immenses progrès accomplis dans la réduction de l’extrême pauvreté, les taux restent obstinément élevés dans les pays à faible revenu et dans ceux touchés par des conflits et des troubles politiques. «Si les taux de pauvreté sont à présent inférieurs à 3% dans environ la moitié des pays de la planète, l’objectif global qui vise à réduire la part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté à moins de 3% d’ici 2030 est loin d’être atteint. Entre 1990 et 2015, le taux d’extrême pauvreté a reculé d’un point par an en moyenne, passant de près de 36% à 10%. Il n’a en revanche baissé que d’un point entre 2013 et 2015», lit-on dans le rapport.
Poursuivant, le document mentionne que ce ralentissement à l’échelle mondiale s’explique principalement par une plus forte concentration de l’extrême pauvreté dans des régions où la baisse des taux de pauvreté a marqué le pas. C’est notamment le cas de l’Afrique subsaharienne qui, selon tous les scénarii sauf les plus optimistes, enregistrera toujours un taux de pauvreté à deux chiffres en 2030 si aucun changement d’orientation majeur n’est mis en œuvre. A en croire la Banque mondiale, le ralentissement du recul de la pauvreté est par ailleurs la conséquence de la chute des prix des produits de base, des conflits et d’autres difficultés économiques dans les pays en développement. Et selon les estimations préliminaires de l’institution financière, le taux d’extrême pauvreté devrait s’établir à 8,6% en 2018.
A préciser que ces données ont été publiées en attendant l’ensemble des estimations qui sera publié le 17 octobre, Journée internationale pour l’éliminaton de la pauvreté, dans un document intitulé : « Rapport 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée : «compléter le puzzle de la pauvreté».

( Seydina Bilal DIALLO et Toutinfo.net )