MONDIAL 2018 : CHEIKH NDOYE NE DIGÈRE TOUJOURS PAS L’ÉLIMINATION «On méritait d’être au minimum en huitième»

Après une saison compliquée à Birmingham (D2 Angleterre), Cheikh ndoye est revenu au SCO d’Angers pour se relancer. Dans cet entretien qu’il a accordé au quotidien sportif français L’équipe, le milieu international sénégalais est revenu sur ses moments de galère en Angleterre, mais surtout l’élimination précoce des «Lions» lors du mondial 2018.

L’équipe : Qu’est ce qui vous manquait à Angers ?
Cheikh Ndoye : Tout, les gens, les supporters. C’est comme si je n’étais pas parti.
Signer Angleterre (Birmingham) n’était-il pas un aboutissement de votre carrière ?
Au départ, les choses se sont faites naturellement. Ce n’était pas l’objectif de partir nécessaire- ment en Angleterre. C’était de trouver un club où je puisse m’épanouir en jouant. Et là-bas, c’était parti pour ça. Mais, j’ai tou- jours rêvé d’Angleterre. Comme beaucoup, c’est un rêve de joueur.
Vous aviez d’ailleurs été à l’essai à Stoke à 21 ans ?
Oui, c’est vrai. Je venais directe-
ment du Sénégal. Administrativement, c’était compliqué. Je n’avais pas pu rester.
Jouiez-vous la montée en Premier League avec Birmingham ?
Non, à la base, on devait jouer le maintien. C’est à dire faire mieux que la saison précédente (19ème). C’est Harry Redknapp qui m’a fait venir. Mais au bout de sept matchs. Donc, c’était parti pour une saison compliquée, avec notamment trois coachs dans la saison.
Avez-vous quand même existez entre les trois coachs?
Oui, j’ai participé à quarante matchs, toutes compétitions confondues. Il n’y pas eu d’échec. Mais les choses ne se sont pas passées comme on le souhaitait. Après, c’est le foot. C’est comme ça. C’est particulier, en Angleterre. Les managers n’y ont pas beaucoup de temps. Tu es là, tu n’as pas de résultat, on en fait venir un autre. On avait aussi abordé la saison avec treize recrues. En ce moment, il doit en rester quatre.
Trente cinq joueurs ont joué au moins un match ?
Oui, après tout, il y a 24 équipes en Championship (D2 anglaise). Et tu joues souvent tous les trois jours avec les Coupes. Chaque semaine, tu as plus de récupéra- tion que d’entraînement. Et quand, tu ne joues pas, tu n’as pas le rythme. Sauf que tu as des séances d’entraînement.
A quel poste avez-vous joué ?
J’ai joué dans un milieu à deux. J’ai aussi joué derrière l’attaquant et aussi milieu relayeur comme ici. Mais ce n’est pas souvent le cas.
Vous n’avez pas marqué, malgré vos caractéristiques en France. Comment expliquez vous cela ?
Ils m’ont mal utilisé je pense. A chaque fois, je n’arrivais pas à rentrer dans la surface. Si j’y arrive, le ballon est souvent trop long ou n’arrivait presque pas.
Même sur coup un de pied arrêté ?
C’est pareil. J’avais souvent deux joueurs sur moi car ils savent bien que je gagne tous les duels. Parfois, je venais au premier poteau, le ballon arrivait au deuxième. Parfois, j’allais au deuxième et le ballon n’arrivait déjà pas au premier, même quand
j’étais au point de pénalty.
Le jeu est-il plus direct ?
C’est comme ça. La plupart les équipes, je dirais que oui. C’est un jeu long, de déviations, débordements et centres. C’est du box to box.
Ce ne sont pas les mises au vert qui vous manquaient ?
C’est vrai, ça change d’avoir ren- dez-vous au stade à 13h15 pour un match de 15h. D’être chez toi le soir, pas trop tard, après un match à l’extérieur. Après, on avait le repas de midi obligatoire et le diner de veille de match aussi.
Et affronter Aston Villa ?
Ah ça ….. Je n’ai jamais vu un derby aussi chaud. C’est ça le vrai derby. Tu sens vraiment que ç’en est un dans l’intensité, l’attente des sup- porters, la préparation. Ils accep- tent que tu perdes tous les matchs, mais pas celui-là.
Comment ça c’est passé ?
On avait fait un nul à l’aller (0- 0, le 29 octobre dernier). Et nous avions perdu chez eux (2-0, le 11 février).
C’est là qu’avait eu lieu votre altercation avec John Terry…. C’est une image qui ne me res- semble pas. Ça ne m’était jamais arrivé en France, ça m’est arrivé en Angleterre, donc je suis désolé. Il m’a insulté et m’a attrapé en premier. En fait, c’était un coup monté. Ils ont fait exprès. On a la touche, moi je dévie la balle dans la surface, il y en a un qui m’ac- croche au sol et l’autre (Terry) qui me pousse… J’essaie d’esquiver et il m’attrape, j’étais bloqué, je vou- lais qu’il me lâche, il ne voulait
pas me lâcher, et je lui ai pris le cou. J’ai pris un second jaune, et lui, rien. Mais c’est un championnat avec beaucoup d’agressivité, mais aussi beaucoup de respect et pas d’embrouilles.
L’Angleterre, c’était aussi des conditions confortables. Reverra-t-on à Angers le ndoye aussi déterminé qu’avant ?
Ah ça, oui. J’ai toujours faim.
Vous avez disputé le mondial cet été. n’est ce pas une consécration ?
Là, oui, je me suis dit que franchement, il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont eu cette chance. Je remercie le bon Dieu.
Votre élimination après le dernier match contre la Colombie est-elle digérée ?
C’était dur. On n’imaginait pas être éliminé sur le critère du fair- play. C’est du jamais vu. C’est tombé sur nous et on était profondément déçus. On méritait d’être au minimum en huitième de finale. On a bien commencé contre la Pologne (2-1). Après le Japon (2-2), les gens disaient qu’on aurait dû gagner. Mais les Japonais étaient très bons ce jour là. Ce match, on aurait dû le perdre. Après quand tu mènes deux fois, les gens disent qu’il fallait fermer. Quand tu ne gagnes pas, on retient beaucoup de détails. Et quand tu gagnes, on ne voit pas les erreurs.
Vous avez aussi la perspective de la CAN en juin au Cameroun ? Il faut que je retrouve mes sensations avec mon club. Après quand mon pays a besoin de moi, je suis là.

( L’EQUIPE )