REVOCATION DU MAIRE DE DAKAR: Khalifa Sall attaque le décret

Au lendemain de la confirmation de la condamnation de Khalifa Sall par la Cour d’appel de Dakar dans ce procès relatif à la caisse d’avance de la ville de Dakar, l’estocade a été portée hier, par le président de la République qui, à travers un décret a procédé à la révocation du maire de Dakar. Une décision qui a provoqué l’ire des partisans et des pro-Khalifa qui se sont retrouvés à la mairie de Dakar où régnait un climat délétère. Mais d’ores et déjà, Khalifa Sall a demandé à ses avocats d’attaquer le décret.

Les proches de Khalifa Sall sont d’attaque. Un de ses avocats Me El Mamadou Ndiaye et certains collaborateurs du maire de Dakar en l’occurrence, les maires Cheikh Guèye et Bamba Fall qui revenaient d’une visite de la prison de Rebeuss ont annoncé que l’édile de Dakar se portait comme un charme. Ils ont présenté un Khalifa Sall totalement serein, nullement affecté par le décret du chef de l’Etat. «Il reste concentré et déterminé à poursuivre ce combat aussi bien sur le plan politique que sur le plan judiciaire», informe Me El Mamadou Ndiaye. D’ores et déjà, le maire de Dakar, dit-il, a donné mandat à ses avo- cats d’attaquer la décision qui a été rendue par la Cour d’appel hier, mais également le décret présidentiel sur sa révocation. Et de l’avis de Me Ndiaye, son client Khalifa Sall n’a pas encore épuisé ses voies de recours. «L’article 36 de la loi organique est très clair, le délai de pourvoi ainsi que le pourvoi en cassation sont suspensifs. Cela veut dire qu’une condamnation pénale ne peut prendre effet que lorsqu’on est hors des délais ou lorsqu’il n’y a pas eu pourvoi. Il est clair que Khalifa Sall a été condamné par la Cour d’appel, mais il a six jours pour se pourvoir en cassation. La question est de savoir est-ce que dans ces six jours le pouvoir peut prendre une décision de révocation. La réponse est manifestement non parce qu’il se pose une question de compétence ratione temporis ; c’est-à-dire dans ce délai temporaire, le président de la République ne peut pas prendre cette décision», renseigne l’avocat. «A moins qu’on nous dise que Khalifa Sall n’a pas le droit de se pourvoir en cassation», fulmine la robe noire. «Le président de la République doit rester au-dessus de la mêlée. Quand on est président de la République, on n’a absolument pas le droit d’utiliser ses prérogatives constitutionnelles, d’utiliser les institutions, d’utiliser la justice pour combattre un adversaire politique. Si le pré- sident a un problème personnel, un problème politique avec Khalifa Sall, il n’a qu’à le régler politiquement et laisser nos insti- tutions et notre justice de côté», se désole Me Ndiaye. Revenant sur le décret, l’avocat le qualifie de «diversion» persuadé qu’il n’est pas fondé en droit.

CheiKh GUÉYE: «C’EST UNE OPÉRATION DE LIQUIDATION HUMAINE»

Nullement ébranlé par cette décision, le maire de Dieuppeul reste néanmoins surpris. «Ce qu’il faut dire et qui est surprenant, c’est la rapidité avec laquelle le décret est sorti. Une décision de justice est rendue hier, un décret de révocation aujourd’hui, sur la base de décisions juridiques du Code des collectivités territoriales et du rapport du ministre des Collectivités Territoriales. Cela veut dire que le ministre a passé toute la journée d’hier à rédiger un rapport pour que le maire de Dakar soit récusé. Nous sommes dans quel pays ? Je considère cela comme une opération de liquidation humaine», sérine le maire Cheikh Guèye. « Comment on peut révoquer quelqu’un dont la condamnation n’est pas définitive ? C’est inacceptable», martèle l’adjoint au maire de la ville de Dakar. « Nous ferons face et nous nous battrons. Khalifa Sall n’a pas été nommé par décret, il a été élu en 2009 et réélu en 2014 par la population de Dakar et la population de Dakar dira son sentiment par rapport à cette situation», conclut Cheikh Guèye.

(Moussa CISS « L’AS » avec Toutinfo.net)

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