IBRAHIMA HAMIDOU DEME, CANDIDAT A LA PRESIDENTEILLE «si l’on ne peut pas avoir 1% de l’électorat, on est disqualifié»

Le magistrat Ibrahim hamidou Dème n’entend pas faire de la figuration à la présidentielle du 24 février prochain. Le président du mouvement «ensemble» se donne les moyens politiques à travers des rencontres tous azimuts avec des partis et des mouvements favorables à sa candidature. joint au téléphone, il a regretté l’absence de cadre concertation de l’opposition et a appelé à des concertations avec le ministère de l’Intérieur pour éviter des surprises.
Alors que la collecte des parrains est lancée depuis lundi, Ibrahima Hamidou Dème s’est retranché dans son fief à Thiès, pour cogiter sur le processus électoral et dégager des stratégies. En fait, le magistrat démissionnaire pense que l’opposition a raté la cloche en refusant de prendre part aux concertations. «L’urgence aujourd’hui, est de disposer du fichier électoral et d’exiger que les cartes en souffrance soient distribuées convenablement», a-t-il martelé dans un entretien téléphonique avec «L’As». Pour l’ancien gref- fier, la phase la plus critique dans un processus électoral est celle préélectorale, une période où les acteurs de l’opposition pourraient être surpris. « Il faut dire que l’opposition ne dispose pas de cadre de concertation. On a été absent dans le processus, dans l’application des textes sur le parrainage. Il faut qu’on se ressisisse et qu’on comprenne que la phase la plus critique c’est la phase préélectorale, si on ne se concerte pas, on sera mis devant le fait accompli. Il faut reprendre les concertations, pour qu’on fasse entendre nos aspirations. Tous nos recours sont sans effets. On doit s’asseoir avec le ministère pour discuter. Une démocratie ne se fait pas sans concertation», a-t-il insisté, tout confiant.
Abordant la question du parrainage, il déclare que c’est une manœuvre du pouvoir pour éliminer ses adversaires. «A priori, c’est ce que tout le monde croit, mais l’avenir nous édifiera. Toutefois, il faut reconnaître que le parrainage a permis de diminuer la caution. Je suis favorable à la hausse du pourcentage pour le parrainage et à la suppression de la caution. Je suis contre le système ploutocratique où seuls les riches peuvent prétendre diriger le pays», a ajouté le président du mouvement « Ensemble » qui considère que celui qui ne peut rassembler 1% des suffrages dans son pays, ne doit pas être candidat à la présidentielle. « On ne peut pas prétendre diriger un pays si on n’a pas la caution populaire. On ne peut pas se présenter ex nihilo. Il faut un filtre, mais aussi que les règles du jeu soient respectées, que la loyauté du système démocratique soit respectée et qu’on n’élimine pas de candidats légitimes. Il ne s’agit pas de candidature pour être ministre, un candidat qui ne parvient pas à obtenir l’aval de 1% du peuple, doit être disqualifié. Cela voudrait simplement dire que les projets soumis au peuple ne trouvent pas leur adhésion et qu’il faudra changer d’orientation. Il faut être conséquent», conclut-il.

(Amadou BA « Red chef de L’AS » Toutinfo)