BAISSE DES PRIX DU PEAGE: le ccuap dénonce le non respect des engagements du gouvernement

Le Collectif des Usagers de l’Autoroute à Péage (Ccuap) a fait face à la presse hier pour dénoncer les lenteurs notées dans la baisse des tarifs de l’autoroute à péage. Selon le Co-coordonnateur du collectif Cheikh Tidiane Dièye, le gouvernement n’a pas tenu ses engagements sur cette question.

Les membres du Collectif des Usagers de l’Autoroute à Péage (Ccuap) sont dans une colère noire. En conférence de presse hier, ils ont énergiquement dénoncé la lenteur et le mutisme a fait preuve le gouvernement par rapport à la baisse des tarifs de l’autoroute à péage. Selon le coordonnateur du collectif Cheikh Tidiane Dièye, le gouvernement n’a pas honoré son enga- gement sur cette question, d’au- tant ue le président de la République avait demandé au gouvernement «d’accélérer la finalisation, avant fin juin 2018, du processus de renégociation des tarifs de péage. Dans le même sillage, le ministre en charge des Transports, Terrestres a réaffirmé que la baisse serait effective au plus tard en fin juillet. À cet effet, le collectif a donné crédit aux pro- pos du président de la République et du ministre des Transports Terrestres, et cru qu’ «ils s’interdiraient de violer aussi facilement leur parole consistant à faire baisser le prix du péage autoroutier à la date butoir du 31 juillet 2018». Selon M. Dièye qui a attendu en vain une action de leur part, « le collectif n’a d’autre choix que de prendre l’opinion publique nationale et internationale à témoin pour constater ensemble l’incapacité, sinon le manque de volonté, voire la faiblesse de l’Etat face à l’entreprise Eiffage. Le mutisme du chef de l’Etat depuis le 31 juillet, suite à une décision qu’il a prise lui-même, est une attitude manifestement troublante qui traduit, aux yeux du collectif, un manque d’égard vis-à-vis des citoyens et un manque de compassion pour les
milliers d’usagers obligés d’em- prunter l’autoroute tous les jours», relève-t-il. À l’en croire, le prix du péage de l’autoroute Dakar-Aibd fait partie de l’un des plus chers au monde. «Aucun modèle économique, encore moins le niveau de vie des populations sénégalaises ou même la qualité de l’ouvrage ne peuvent justifier une telle cherté. Toutes les comparaisons techniques effectuées à ce jour par le collec- tif, aussi bien en Afrique qu’ail- leurs, sur les coûts des infrastructures similaires ont montré que l’autoroute Dakar-Aibd est de loin l’un des plus chers. À titre d’exemple, il suffit de payer 23 dirhams, soit environ 1300 Fcfa, pour parcourir les 87 Km de l’autoroute Casablanca-Rabat, qui a plus d’échangeurs, d’aires de repos, de postes de péages et de passerelles piétonnières. Il faut plus du double pour parcourir les 50 km qui séparent Dakar de Aibd. Cela est inacceptable».
Dès lors, le Ccdiam informe les autorités qu’il se réserve le droit de mener toutes actions néces- saires pour exiger le respect des droits économiques et sociaux des Sénégalais. «Nous allons mobiliser et sensibiliser tous les acteurs concernés par l’auto-route. Nous irons à la rencontre des élus locaux qui sont dans les communes traversées par le corridor, de même que les trans- porteurs pour mener ensemble le combat et exiger le respect des droits des Sénégalais. Car, ces droits sont aujourd’hui violés par les pratiques prédatrices de l’entreprise Eiffage, avec la complicité du président de la République Macky Sall», tonnent les membres du Ccdiam.

 

( Mama Katherine DIOUF et Toutinfo.net )