Affaire Benalla: au tour du «direcab» de Macron de passer sur le gril

L’audition de Patrick Strzoda par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, ce mardi 24 juillet 2018, va être cruciale pour l’Elysée. En tant que directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, c’est lui qui est le supérieur d’Alexandre Benalla et qui a géré les suites des violences commises par ce dernier lors des manifestations du 1er-Mai. Une fin de parcours tourmentée pour ce haut fonctionnaire jusqu’ici irréprochable.

 

Patrick Strzoda espérait sortir par la grande porte en acceptant de devenir le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, nouveau président de la République. Il avait même renoncé au poste le plus prestigieux dans la préfectorale, celui de préfet d’Ile-de-France, où François Hollande l’avait nommé avant la fin de son mandat. Il avait préféré rejoindre le nouveau président sous les ors de l’Elysée.

A 66 ans, à quelques mois d’une retraite prévue en octobre, le haut fonctionnaire n’avait peut-être pas imaginé se retrouver en première ligne dans une affaire de ce type. Une situation qui, aux yeux des observateurs, ne lui ressemblerait pas mais pourrait néanmoins faire de lui le « fusible » idéal pour le sommet de l’Etat.

Un préfet au parcours exemplaire

Jusqu’ici, la carrière de cet Alsacien ressemblait à un sans-faute, le parcours de l’un de ces grands commis de l’Etat dont le dévouement et le sérieux sont salués partout : dans les Hautes-Alpes, où il obtient son premier poste de préfet en 2002 ; en Corse, où il est préfet entre 2011 et 2013 et s’attire le respect jusque dans les rangs nationalistes ; en Bretagne, où il officie les années suivantes.

Passé par l’Ecole nationale d’administration (ENA) au milieu des années 1980, sa carrière n’est d’ailleurs pas monochrome. Il sera secrétaire général du comité d’organisation des JO d’hiver à Albertville en 1992, puis directeur des services du Conseil général de Savoie entre 2005 et 2007, sous une majorité de droite.

En Bretagne, à partir de 2013, il s’illustre par sa gestion du mouvement des « bonnets rouges ». Il développe aussi une réputation de « dur » dans sa gestion du dossier Notre-Dame-des-Landes. Une étape à l’issue de laquelle il accepte en tout cas un poste plus politique : Bernard Cazeneuve l’enrôle place Bauveau, en 2016, en tant que directeur de cabinet. Puis à Matignon en 2017.

Un maillon-clé de l’affaire Benalla

Selon les premières informations du journal Le Monde, qui a lancé l’affaire Benalla le 18 juillet dernier en publiant la première vidéo permettant d’établir le dérapage de ce proche d’Emmanuel Macron en marge du défilé du 1er-Mai, « c’est M. Strzoda qui avait autorisé M. Benalla à participer comme observateur, au côté des policiers », lors de cette manifestation.

« C’est aussi M. Strzoda qui, après avoir pris connaissance de la vidéo montrant M. Benalla malmenant et frappant deux manifestants, avait prévenu le président de la République, alors en Australie », relate le quotidien du soir. Enfin, c’est lui qui aurait sanctionné son subalterne d’une suspension temporaire du 4 au 19 mai, suite à ces faits qui lui valent aujourd’hui une mise en examen.

( Toutinfo.net et rfi )