LOI DE FINANCE RECTIFICATIVE 2018 le budget général augmente de 65,6 milliards

La loi de finances rectificative (lfr) pour l’année 2018 a été votée hier par la majorité des députés présents à l’Assemblée nationale. il s’agit ainsi de prendre en compte dans l’exécution de la loi de finances initiale (lfi) de cir- constances et autres évène- ments imprévisibles pertur- bant les grandes lignes de l’équilibre budgétaire ou financier initialement définies. Au terme de l’examen de la lfr, les recettes du budget général ont été arrêtées à un montant de 3 663,4 milliards de FcFA contre 3 597,8 milliards de FcFA dans la lfi pour l’année 2018.
L’adoption de Lfr hier à l’Assemblée nationale a eu pour première conséquence une aug- mentation de 65,6 milliards de FCFA des recettes du budget général. Cette hausse est due, selon le gouvernement, à l’aug- mentation des recettes non fis- cales pour 32,1 milliards Fcfa et au montant réservé au finance- ment du déficit. Revenant en pro- fondeur sur les facteurs explica- tifs du projet de Lfr, Amadou Ba a soutenu dans le rapport de la commission des Finances qu’il s’agit de protéger la population contre le choc pétrolier en cours. Le ministre des Finances estime que le budget de 2018 a été éla- boré sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 54 dollars US et d’un taux de change à 606 F CFA pour 1 USD. Désormais, précise- t-il, le baril franchit régulière- ment la barre des 75 dollars et le pétrole cher diminue les recettes de l’Etat tout en augmentant ses dépenses.
Le ministre de l’Economie et des Finances indique que le coût direct du pétrole cher que le budget de l’Etat devra supporter en 2018 est de 166,2 milliards de FCFA. A ce montant, souligne-t-il, il faudra rajouter un coût indirect plus difficile à quantifier, mais réel, résultant de la hausse des charges des entreprises. Par conséquent, celles-ci verseront à l’Etat moins de TVA et moins
d’Impôt sur les sociétés (IS). Autre élément d’explication, selon le ministre, c’est le souci de préserver la paix sociale dans des secteurs primordiaux pour l’ave- nir du pays. Ainsi, la LFR pour 2018 va renforcer davantage les ressources destinées à la prise en charge de l’alimentation et au paquetage des nouvelles recrues (1.000 auxiliaires de police et 1370 élèves-gendarmes) du sec- teur de la défense et de la sécu- rité : 8,4 milliards de FCFA. «Ce montant comprend entre autres, l’alimentation des corps de troupe (1,56 milliard de FCFA), l’habillement et les accessoires (1,15 milliard de FCFA), l’impact financier des décrets révisant la prime journalière d’opérations (PJO) pour 2,48 milliards de FCFA, la prime mensuelle de solde pour 1,08 milliard de FCFA. Il y a également des acquisitions en moyens modernisés (avions et équipements de transport ter- restre, construction d’infrastruc- tures pour la Gendarmerie natio- nale, équipement des forces de police, équipements spéciaux destinés à la lutte contre le terro- risme, etc.) ont été prévues pour un montant de 15,603 milliards de FCFA dans l’investissement». Par ailleurs, les mouvements sociaux dans les secteurs de l’éducation et de la santé ont le plus «impacté» la LFR, au titre de la gestion 2018. Et pour faire face, le président de la République a pris des décisions qui ont influé sur la structure du budget de 2018. Il s’agit entre autres de la régularisation immé- diate des arriérés d’indemnités pour heures supplémentaires qui s’élevaient à 675 millions de FCFA et concernaient le secteur de la santé ; de la sécurisation des salaires des contractuels de cer- tains programmes du secteur de la santé (1 milliard de FCFA) ; de l’augmentation du taux des indemnités dites « heures de nuit» en faveur de la santé (pour 1,7 milliard de FCFA) mais aussi, pour des raisons d’équité, des secteurs de la justice et de la sécurité (pour 1,4 milliard de FCFA); de la prise en charge de la
prime d’astreinte dédiée aux militaires pour un montant de 4,2 milliards de FCFA ; en sus des 29,4 milliards de FCFA déjà ins- crits dans la LFI 2018 dans le cadre des rappels dus aux ensei- gnants ; de l’allocation supplé- mentaire de 23 milliards de FCFA par an pendant trois ans afin de régler définitivement cette ques- tion ; de l’augmentation à partir de fin octobre 2018 de l’indem- nité de logement des enseignants qui va passer de 60.000 à 75.000 FCFA par mois; de la réforme du régime de retraite des ensei- gnants du supérieur, dans le but
de leur octroyer des pensions beaucoup plus favorables; de l’augmentation du montant des bourses et des aides sociales des étudiants passant de 18 000 FCFA (demie bourse), 36 000 FCFA (bourse entière) et 60 000 FCFA (3ème cycle) à respective- ment 20 000 FCFA, 40 000 FCFA et 65 000 FCFA pour 6,5 milliards FCFA; de la baisse des prix des tickets de restaurant du petit déjeuner (de 75 à 50 FCFA) et des repas du déjeuner et du dîner (de 150 à 100 FCFA) des centres des œuvres universitaires dont l’im- pact est évalué à 1,8 milliard de FCFA; du renforcement des cré- dits destinés aux frais de forma- tion des étudiants orientés dans les universités privées pour 3 milliards de FCFA ; de l’impact du recrutement de quinze (15) magistrats de la Cour des Comptes dans le cadre de son plan stratégique 2016-2019 pour un montant de 310,3 mil- lions de FCFA ; de la création (par la loi n°2018-12 du 30 mars 2018) d’un régime complémen- taire de retraite dont bénéficie- ront l’ensemble des fonction- naires civils et militaires. Ce qui leur permettra de conserver, à la retraite, un niveau de vie compa- rable à celui de leur période d’ac- tivité.
une AuGmentAtion de 50 milliArds de F cFA de lA mAsse sAlAriAle
En conséquence de toutes ces réévaluations, il faut relever que la masse salariale va augmenter de 7,9%, soit 50 milliards de FCFA. Pour ce qui est des autres dépenses courantes, elles vont augmenter de 86 milliards de FCFA dont 66,7 milliards de FCFA pour prendre en charge la sub- vention SENELEC, le rembourse- ment des pertes commerciales des distributeurs de produits pétroliers et le financement du nouveau régime de retraite des enseignants du supérieur. De même, d’autres dépenses priori- taires ont été prises en charge. On peut citer le renforcement des dotations au profit des 4 centres des œuvres universitaires pour 1,8 milliard de FCFA en vue de prendre en charge l’impact de la baisse sur les tickets de repas; le complément des salaires, vaca- tions et heures complémentaires des Universités pour un montant de 4 milliards de FCFA; la mise à niveau des frais liés au déplace- ment pour le baccalauréat pour 300 millions de FCFA et aux charges sociales des professeurs contractuels de la Formation professionnelle (600 millions FCFA); le complément des dépenses d’élection pour 1,37 milliard de FCFA et le renforce- ment des compétitions interna- tionales pour 300 millions de FCFA.

( Seydina bilal DIALLO et Toutinfo.net )