ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC ME SOULEYMANE NDENE NDIAYE «Je n’ai pas transhume, J’ai repondu a la main tendue d’un ami»

Ami du président macky sall depuis plus de trente-cinq ans, me souleymane ndéné ndiaye, tout nouveau président du conseil d’admi- nistration de la compagnie air sénégal sa, refuse catégo- riquement tout semblant de transhumance. il consent juste à reconnaître avoir accepté la main tendue du chef de l’Etat pour relever les grands défis qui attendent le sénégal. son parti, l’union nationale pour le peuple(unp) reste, dit-il, intact et va reprendre ses activités sous peu. me ndiaye, dernier premier ministre de Wade, qui n’est plus inscrit au barreau pour cause d’incom- patibilité avec sa nouvelle casquette de pca, parle de sa nouvelle mission à air sénégal, de son ami président, de la coupe du monde de football, un sport qu’il adore par dessus tout. rencontre sans langue de bois avec un homme de conviction.

Vous venez d’être nommé président du conseil d’admi- nistration de la compagnie air sénégal sa. quel est le challenge de cette compa- gnie ?
En avril 2017, le Président Macky Sall m’a demandé de le rejoindre. Je n’ai pas hésité une seule seconde Quelque part même j’ai sacrifié ma carrière politique pour rejoindre un ami. Peu m’importe que les gens disent que j’ai laissé Wade ou autre chose. La compagnie Air Sénégal, qui a démarré récemment ses activi- tés sur Ziguinchor, a comme perspectives la sous-région, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique dans le moyen terme.
quelques regrets de quitter le barreau ?
J’avais choisi d’être avocat de profession mais si mon Etat a besoin de moi, je peux me sacri- fier pour cette cause.
Votre amitié avec le président macky sall est connue. a quand remonte-t-elle ?
Nous nous sommes connus à l’université de Dakar grâce à mon cousin, Me Pape Leïty Ndiaye. Ce dernier a fait le lycée Valdiodio Ndiaye de Kaolack en même temps que le Président. Comme par hasard, lors des assemblées générales d’étu- diants, nous partagions les mêmes points de vue sans pour autant être familiers. Lui était de l’Unapes, proche de And-Jëf, alors que moi j’étais de l’Uded, proche de la Ligue démocra- tique. Jusqu’à ce qu’un jour, nous partagions la même cham- bre. Cela remonte au début des années 80.

Les liens personnels que j’ai avec le Président Macky Sall, personne ne les a avec lui sur la scène politique. Il n’y a pas quelqu’un qui a entretenu avec lui des relations aussi fortes que celles que j’entretiens avec lui depuis l’université. Que ce soit ceux qui sont dans son parti ou ceux qui sont au Pds. Nous avons des relations saines et qui n’ont jamais été ponctuées de manque de respect ou de méfiance. Il peut toujours compter sur moi. Jamais je ne serai déloyal avec lui. D’ailleurs, c’est une des raisons pour les- quelles le Président Wade me faisait confiance. Quand je ne suis pas d’accord, je ne m’en cache pas, je le dis. Evidemment certains vont remettre la cas- sette dans laquelle je deman- dais de tuer les transhumants. Que chacun y aille de son com- mentaire m’importe peu. Les injures, les invectives me lais- sent froid. Je n’ai pas trahi Wade. Il a choisi comme candi- dat quelqu’un derrière qui je ne me rangerai pas, en l’occur- rence Karim Wade.
De la même façon que le Président Abdoulaye Wade, à l’appel du Président Diouf, l’avait rejoint, de la même façon je rejoins le Président Macky Sall dans l’intérêt du Sénégal.
Je suis un homme loyal. C’est pourquoi le président Wade me faisait confiance. Il ne m’a jamais rien reproché. Pendant les trois années au cours des- quelles j’ai servi le Sénégal, j’ai fait de mon mieux pour que Wade passe au premier tour, mais pour diverses raisons, nous n’y sommes pas arrivés. D’ailleurs, on n’a jamais tiré le bilan de ces élections de 2012. Peut-être qu’un jour, on le fera et chacun dira le rôle qu’il a joué dans la défaite de Me Wade. Malheureusement, ce n’est pas parce qu’il avait un mauvais bilan. Au contraire! La plupart de ce qui est visible aujourd’hui dans le pays, on le doit à Wade. Ce n’est pas parce qu’il a mal travaillé qu’il a perdu les élec- tions de 2012. Il nous faut voir pourquoi il a perdu. Tous ceux qui hurlent aujourd’hui, j’étais leur Premier ministre, y com- pris Karim Wade.
Maintenant, je suis avec le Président Macky Sall et je ferai tout pour qu’il soit élu au pre- mier tour en 2019.
Vous avez été ministre, Premier ministre puis maintenant Pca. C’est plutôt rare sous nos cieux. Je ne suis pas avec le Président Macky Sall pour exiger un poste. Il m’a confié le conseil d’admi- nistration d’Air Sénégal SA, pour aider Philipe Bohn à atteindre les objectifs que le Président nous a fixés. La desti- nation Cap Skirring étant fer- mée avec la fin de la saison tou- ristique, nous assurons avec nos deux avions la liaison Dakar-Ziguinchor-Dakar. Nous avons des perspectives de vol sur Bissau, Banjul, Praia et Nouakchott. Nous allons ensuite poursuivre vers l’Europe et l’Afrique. L’expérience étant la somme de ses erreurs et des erreurs des autres, nous allons tirer les leçons des deux compagnies que le Sénégal avait créées. La dernière avait été montée sur des bases pas solides. Si peu solides qu’à la fin, c’est le per- sonnel d’Air Sénégal International qui se cotisait pour assurer le services des passagers à bord. Philipe Bohn, un ancien d’Airbus, et les cadres Sénégalais qui sont là vont se battre pour ne pas décevoir. Pour l’instant, tout se passe bien. A l’heure du bilan, il serait bon que les Sénégalais soient satisfais des choix du Président Macky Sall.
le sénégal participe pour la deuxième fois à la coupe du monde de football. quelles sont nos chances ?
Je vous remercie de me plonger dans l’atmosphère de la Coupe du monde à laquelle le Sénégal participe. Si on en juge par la valeur intrinsèque des joueurs qui composent cette équipe, je suis en droit de penser que nous pouvons faire une bonne Coupe du monde. Surtout avec Sadio Mané qui fait partie de l’élite du football mondial. Il a disputé une finale de coupe d’Europe au cours de laquelle il a même marqué.
peut-on faire mieux qu’en 2002 ?
On verra bien. En tout cas, nous jouerons contre le Japon, la Colombie et la Pologne. Ces équipes-là sont de grandes équipes. La Colombie a accédé aux quarts de finale lors de la dernière Coupe du monde en 2014 ; la Pologne a aussi une tradition de grands footbal- leurs, tandis que le Japon pro- gresse d’année en année. Nous ne sommes pas dans une poule facile. Il nous faudra donc nous battre pour passer au moins le premier tour.
c’est connu, vous êtes un grand passionné de foot. a quand remonte cette pas- sion ?
Elle remonte à très loin. Déjà à l’âge de sept ans, nous avions un club à Guinguinéo qui s’appelait Santos, du nom du club de Pelé. Des Santos, il y en avait d’ail- leurs un peu partout au Sénégal. Je revois encore Mamadou Ndiaye Gaucher, Dame Goumbala, etc. Motivation sup- plémentaire, nous avions le vieux Bassirou Seck, père de notre ami Talla Ndiaye Seck, décédé il y a quelques années,
qui mettait en compétition nos différents clubs en offrant des boîtes de lait, du thé, du sucre, etc. Ensuite, j’ai joué à Oussouye, Bignona, Kolda et Ziguinchor. En classe de 3e, au collège à Oussouye, nous avions un père espagnol qui supportait Barcelone et qui nous avait même offert des maillots de cette équipe. J’ai rencontré cet homme d’église récemment à Oussouye.
Quels sont les joueurs qui vous ont le plus marqué au Sénégal, en Afrique et dans le monde ? Naturellement, j’ai admiré Pelé, le meilleur joueur de tous les temps, Lev Yachine, le goal de l’URSS, l’anglais Gordon Banks que j’ai retrouvé il y a quelques temps en Grande Bretagne. En Afrique, il y a eu l’ivoirien Laurent Pokou, le malien Salif Keita, le congolais François Mpelé ; ailleurs, j’ai une folle admiration pour l’italien Paolo Rossi, l’argentin Mario Kempes, le français Bathenay, mais aussi un certain Mario qui a joué avec Bastia, lors d’une finale de coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Ce jour-là, il avait vraiment fait sensation. Je ne peux pas ne pas mettre Gérard Janvion et Maxime Bossis, Jean- Pierre Adams, José Touré de Nantes, auteur d’un but d’an- thologie en finale de coupe de France je crois, Dino Zoff,
Maradona, mais aussi Etto et Drogba. Ces deux derniers ont tous les deux remporté la Coupe d’Europe et marqué en finale avec Chelsea et Barcelone. Je suis admiratif de leur longue carrière, eux qui sont de bons exemples pour la jeunesse afri- caine.
Au Sénégal, j’ai adoré Séga Sakho, Cristophe Sagna, Cheikh Seck, Babacar Thiam, Mass Faye, Assane Tall, Lala Soumah, Baba Touré.
Locotte aussi qui avait marqué lors d’une finale de coupe de France en 1976. Je n’oublie pas non plus Oumar Guèye Sène qui, pendant toute sa carrière, avait été numéro 10 ou organisateur à Gorée et Laval, et qui s’es retrouvé excellent libéro du PSG grâce à Ivic.
Mon club préféré, c’était l’ASFA et jusqu’à présent, je continue d’entretenir de bonnes rela- tions avec eux. On a certes perdu le capitaine Samassa, mais il m’arrive de rencontrer Coulibaly à la mosquée oma- rienne. Il reste le meilleur buteur sénégalais de tous les temps. L’Asfa, outre le foot, c’était aussi le basket avec Ousmane Pouye Faye, Serigne Der, Assane Thiam. Après l’Asfa, venaient le Mbossé puis le Casa Sport.
Entretien réalisé par
(Mamadou Thierno TALLA)

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