La Bourse ou…La Vie ?

« Mourrons pour des idées d’accord, mais de mort lente,

Encore s’il suffisait de quelques hécatombes

Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât !

Depuis tant de « grands soirs » que tant de têtes tombent,

Au paradis sur terre on y serait déjà. »

Georges Brassens

Pourquoi est-il révoltant que des jeunes sénégalais, que leurs parents ont soutenus afin qu’ils accèdent à un niveau d’études supérieures, propre à améliorer leur condition humaine et l’existence de leurs descendants puissent mourir du simple fait d’avoir voulu exiger que l’on respectât les échéances du paiement de leurs bourses d’études ?

C’est navrant parce simplement, ceux que les étudiants chaque fin de mois que Dieu fait dans les rues de Dakar ou de Saint-Louis rappellent à leurs responsabilités, n’ont aucune notion de ce qu’est justement « LA RESPONSABILITE ». Faut-il mourir pour de tels irresponsables, seulement mus par leur boulimie de biens et leur soif des positions que leur pouvoir leur confère ? Evidemment non… Comment le meurtre du jeune étudiant de Saint-Louis par des éléments de la Gendarmerie Nationale peut-il passer par pertes et profits, par le simple fait que l’enquête devant situer les responsabilités de ce drame, est confiée aux collègues du gendarme qui a tiré la balle fatale… Le jeune étudiant va avoir droit à un second enterrement, de seconde classe celui-là, aux allures administratives et froides comme un rapport de gendarmerie, où les responsabilités seront diluées dans les exigences de l’esprit de corps.

Pourquoi cette récurrence banalisée des intifadas de fin de mois autour des campus de Dakar et Saint-Louis ? Pourquoi ces questions sont-elles secondaires par rapport aux sommes faramineuses que l’on octroie aux Lions de la Véranda pour aller servir d’opium du peuple à Moscou ? Pourquoi ces questions sont secondaires, lorsqu’on imagine les valises déposées aux pieds de transhumants de la dernière heure qui sont sensés garantir l’obsession de la réélection de Macky Sall au premier tour en 2019 ? Pourquoi l’avenir de ces milliers d’étudiants est-il bafoué au profit du confort de quelques politiciens professionnels aux allures de Maîtres-Chanteurs ?

Pourquoi aller risquer sa vie pour une bourse, alors que ceux que vous interpellez ont bien pris soin d’extraire leurs progénitures du système d’éducation et d’enseignement supérieur public ?

Mieux vaut encore mourir en mer pour aller vivre sa dignité ailleurs, quand ceux qui devaient vous la garantir sont sourds à vos angoisses et impuissants à réaliser les conditions de vos rêves… Ces gens-là sont incapables de garantir votre vie et d’assurer votre bourse…Juste capables d’incarner les bandits dont le leitmotiv résonne en ces 3 mots : « La Bourse ou la Vie »… C’est le Western Moderne. « Adu Kalpé » du pauvre…

Jean Pierre Corréa

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