SOUTY TOURÉ ANCIEN MINISTRE À PROPOS DE L’ECLAIRAGE ET LA SÉCURITÉ SUR L’AUTOROUTE À PEAGE: « Il ne faut pas céder à une obsession du passé pour juger à l’aune de ces accidents nos relations avec la France ».

Dans pareille circonstance, il ne faut surtout  pas verser dans le jugement activement excessif,  il faut attendre les résultats de l’enquête et ensuite en tirer toutes les conclusions justes. Apres la vague d’émotion justifiée il nous faut sortir de  cette émotion et ne pas tomber dans l’obsession d’un passé colonial qui va jusqu’à pousser certains de nos compatriotes à une remise en cause des choix de politiques étrangères et de coopérations d’un passé colonial maintenant dépassé. Je considère, et nous devons tous en convenir, que les accidents de la route sont un fléau mondial préoccupant pour les gouvernants et les citoyens. En France, par exemple, après le permis à point, les caméras de surveillance, l’on songe à présent à  la limitation de vitesse à 80 km/h,  là ou au Sénégal on pense à interdire la circulation de nuit pour certains véhicules. C’est pourquoi je pense qu’au Sénégal, sans occulter les insuffisances et lacunes, on pense à veiller à l’entretien adéquat de nos routes pour les maintenir dans un état de performance conforme aux standards internationaux.  Mais il nous faut éviter des jugements et des condamnations injustes. J’estime que l’autoroute à péage reste une infrastructure dont l’impact pour notre pays a été jusque-là  incontestablement  positif. L’améliorer OUI, la condamner NON.  Pour être juste, il ne faut pas oublier que son promoteur, Gerard SENAC,  est bel et bien celui qui a réfectionné le pont Faidherbe, élément du patrimoine historique si chère au cœur des sénégalais. C’est celui-là même qui a réalisé le centre  de traitement de l’hôpital pédiatrique Albert Royer pour les opérations du cœur des enfants. C’est aussi lui qui a aidé utilement à faire connaitre le talent et les œuvres de notre artiste peintre Ousmane SOW…  dont nous restons fières.   JE pense que le partenariat Etat /public/ privé doit permettre de régler les problèmes de l’éclairage et de divagation des animaux.  Je souhaite surtout que l’on ne verse pas dans une obsession frénétique de notre passé coloniale en ces temps de globalisation. Il est d’un intérêt évident pour les uns et les autres d’intégrer les réseaux de coopération internationale, bilatérale comme multilatérale, pour se donner des chances de gagner le pari du développement. A mon avis, cela suppose des relations mutuellement avantageuses pour les partenaires. Et à cet égard, si les partenaires Français tirent profit de leur présence au Sénégal, il est indéniable que le Sénégal en tire aussi des gains très largement positif, pour notre sécurité, pour notre économie et pour le rayonnement internationale de note pays. A mon avis, il faut arrêter les récriminations notées çà et là sur nos relations avec la France qui sont le plus souvent le  reflet  de  bataille d’arrières garde dépassées. L’essentiel doit être d’une part de veiller à chaque fois que de besoin à l’équilibre des contrats que notre pays signe avec ses partenaires dans son processus de développement et d’autre part à saisir les leçons du passé et de l’histoire, de saisir les acquis positifs pour maximiser les chances d’assoir  les opportunités d’une coopération mutuellement avantageuse en l’occurrence avec la France et au-delà avec les autres pays et avec les organismes et les organisations multilatérales. Les autorités sénégalaises passées, comme celles en place,  en ont eu en ce sens une vision à la foi marquée par des comportements patriotiques et réalistes.  Par ailleurs, il ne faut pas céder à une obsession du passé  pour juger à l’aune de ces accidents nos relations avec la France. En résumé pour le cas de cet accident on peut espérer que  les différentes parties, Etat, société EFFAGE SENEGAL, les collectivités territoriales,  société civile, population, se mettent ensemble pour apporter au plus vite des solutions idoines dans l’exploitation de l’autoroute à péages .

M.Souty Touré ancien ministre de la décentralisation et membre du HCCT.

 

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