PRESENTANTION DEVANT LA CHAMBRE DES 28 COUPURES DE 500 EUROS le juge samba kane invite les conseils de Imam ndao à se conformer à la procédure

C’est finalement hier que l’argent confié à imam Aliou ndao par son coaccusé Ibrahima Diallo a été présenté à la barre par me Massokhna Kane. Cette somme de 9 millions francs Cfa constituée de 28 coupures de 500 euros n’a pas été trouvé chez imam Ndao lors de la perquisition faite par les gendarmes. le président samba Kane a refusé de réceptionner cet argent, avant d’inviter les conseils de l’accusé à suivre la procédure prévue en l’espèce.

Il ressort de l’interrogatoire fait par Me Massokhna Kane qu’un montant de 27.300 Fcfa a été retrouvé chez son client, Imam Aliou Ndao lors de la perquisition menée par la gendarmerie. Pourtant, quatre jours auparavant, Imam Ndao avait reçu de son coaccusé Ibrahima Diallo un montant de huit millions Fcfa en guise dépôt. A cela, s’ajoute un prêt d’un million Fcfa. Cette somme, constituée de 28 coupures de 500 euros mis dans une enveloppe, n’a jamais été retrouvée par les pandores. C’est après quelques mois de détention, que Imam Ndao s’est rendu compte que l’argent se trouvait toujours dans sa maison, puisqu’aucune question à ce sujet ne lui a été posée. C’est ainsi qu’il a demandé à son frère de récupérer l’argent et de le confier à ses avocats. C’est hier que Me Massokhna Kane, après avoir procédé à l’inventaire, a décidé de présenter ce pactole au président de la Chambre criminelle spéciale. Cependant, le président Samba Kane a refusé de réceptionner cet argent pour vice de procédure. Il a invité les conseils de Imam Ndao à suivre la procédure prévue en l’espèce pour déposer cet argent. Revenant par ailleurs sur l’article paru dans le journal «Jeune Afrique» dans sa livraison du 28 janvier au 6 février 2016 qui présente son client comme faisant partie d’un réseau djihadiste basé au Sénégal et fait état de la découverte d’une importante somme d’argent chez lui ainsi d’un téléphone satellitaire, Me Massokhna Kane bat en brèche. A l’en croire, le journal panafricain présente son client comme un homme riche qui distribue de l’argent alors qu’il ne travaille pas. Imam Ndao soutient, en prenant en témoin ceux qui le connaissent, qu’il a toujours travaillé. Et que le fruit de son travail est destiné à son daara, à ses voisins et à ses frères musulmans. Il ajoute que son téléphone portable coûte 15.000 Fcfa. Pour sa part, Me El Hadj Malick Basse est revenu sur le second mandat de dépôt dont son client Imam Ndao a fait l’objet le 17 juillet 2016 pour détention d’arme sans autorisation préalable. Pourtant, Imam Ndao indique que l’arme retrouvée chez lui par les gendarmes est un pistolet factice qu’il a récupéré des mains des enfants. Toutefois, il reconnait qu’il possédait un fusil artisanal qui est hors d’usage. «Ce sont les munitions de cette arme qui ont été retrouvées et scellées », affirme l’accusé. Interpellé sur le blanchiment de capitaux notamment avec la construction de sa mosquée à Kaolack, Imam Ndao clame que sa mosquée a été construite en 2003 par le président de l’association de l’Appel pour la jeunesse musulmane Ibrahima Niang. Il s’agit, selon lui, d’une association légalement constituée et reconnue par l’Etat.

Des gens tués et mangés dans Certaines vidéos

Interpellé sur les vidéos retrouvées par la gendarmerie, l’accusé répond qu’il utilise ces vidéos dans le cadre de ses apprentissages pour dissuader les jeunes musulmans à verser dans des actes de terrorisme. En dehors des vidéos projetées à l’audience, Imam Ndao renseigne qu’il détient d’autres vidéos plus horribles. «J’ai des vidéos dans lesquelles on tue les gens avant de les manger. Cependant, cela ne veut pas dire que j’adhère à l’idéologie de ceux qui commettent ces actes. J’ai commencé à faire mes recherches sur tout ce qui touche au monde musulman à l’âge de 19 ans », dit-il. A l’en croire, il prône le dialogue intellectuel pour lutter contre le terrorisme. Même si par ailleurs, il considère que «le terrorisme est un prétexte pour abattre l’Islam». Dans le cadre toujours de ses recherches, Imam Aliou Ndao s’est intéressé à la franc-maçonnerie. «La franc-maçonnerie, c’est le cancer des nations», dit l’accusé qui souligne qu’un chef d’Etat franc-maçon est plus enclin à défendre les intérêts de sa loge que les intérêts de son peuple. Très au fait des questions maçonniques, il affirme que le Sénégal a été la première loge de la franc-maçonnerie de l’Afrique de l’ouest. Interrogé par Me Ballal sur la question de la laïcité, Imam Ndao reste persuadé qu’un Etat laïc ne peut pas permettre à un musulman de s’épanouir totalement. «Dans un Etat laïc, le temporel est dissocié du spirituel, ce qui n’est pas le cas dans l’application de la charia. En atteste l’article 4 de la Constitution qui interdit la liberté de culte. Le culte musulman ne se limite pas aux cinq piliers de l’Islam. Aucun texte ou aucune Constitution ne peut remplacer le culte musulman. La Constitution du musulman, c’est le Coran», martèle Imam Aliou Ndao. A la question de l’avocat de savoir si les libertés individuelles sont persécutées au Sénégal contrairement dans les pays ou la charia est appliquée, l’accusé répond par la négative. Il estime que les libertés individuelles sont plus respectées au Sénégal qu’en Arabie Saoudite. Par contre, sur le plan de la sécurité, souligne-t-il, l’Arabie Saoudite est beaucoup en avance sur le Sénégal où la criminalité a pris des proportions inquiétantes. Ce déficit sécuritaire résulte, selon ses dires, de plusieurs facteurs combinés : l’absence de foi, la crise économique et comportementale.

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