ABDOULAYE NDOYE, SG DU CUSEMS «Ce que dit Macky Sall n’est pas conforme à nos revendications»

Les efforts consentis par le gouvernement en faveur des enseignants ne satisfont pas ces derniers. Pour Abdoualaye Ndoye, le président de la république et eux ne parlent pas le même langage. Car, selon lui, ce que dit le président de la république n’est pas conforme à leurs revendications. Le secrétaire général du Cusems de préciser qu’en lieu et place de la revalorisation des indemnités de logement, ils exigent l’alignement des indemnités.

Ceux qui pensent que le président de la République a désamorcé la «bombe» entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, lors de son traditionnel discours adressé à la nation marquant notre accession à la souveraineté nationale, n’ont qu’à déchanter. Joint au télé- phone par « L’As», le secrétaire général du Cusems, Abdoulaye Ndoye ne parle pas le même langage que Macky Sall. Aux yeux de Abdoulaye Ndoye, ce dernier est passé à côté des revendications des enseignants. «Le président de la République parle de revalorisation alors que nous parlons d’alignement de l’indemnité de logement. Nous n’avons jamais parlé de revalorisation mais plutôt de l’alignement de l’indemnité de logement qui est un principe de justice sociale et d’équité», a-t-il recadré. «Nous avons fait des propositions dans tous les corps où il y a des indemnités. Pour le niveau Bac, l’indemnité tourne autour de 100 000 FCFA. Le Cusems a proposé à ce niveau pour ceux qui ont le niveau Bac et qui sont dans ce groupe d’avoir 100 000 FCFA. Ceux qui ont Bac+2 125 000, Bac +4 150 000 et Bac+6 200 000 FCFA. C’est de cette manière que nous l’avons modulée. Donc, nous demandons l’alignement». En effet, pour le secrétaire géné- ral du Cusems, la Fonction publique est régie par des textes, des lois, des hiérarchies, des grades et des corps. Maintenant, au Sénégal, dit-il, tout le monde est d’accord qu’il y a des dérégulations du système de rémunération des agents de l’Etat. Selon Abdoulaye Ndoye, les deux parties avaient signé un accord depuis 2014 et le gouvernement s’était engagé à faire une étude sur le système de rémunération des agents de l’Etat et de corriger les inéquités dans le budget mais, également, de prendre en charge des corrections dans le budget de 2015. Mais le délai, déplore Ndoye, a été largement dépassé. «L’étude a été faite, le pré-rapport a été publié. Nous demandons au gouvernement du Sénégal de corriger les inéquités et les disparités», fait-il savoir. Combat De justice et D’équité Revenant sur les propositions que le gouvernement a faites à l’occasion des festivités marquant le 58ème anniversaire de notre accession à la souveraineté nationale, Abdoulaye Ndoye se veut catégorique. «Nous ne nous sommes pas battus pour 10 000, 15 000 où 20 000 francs mais nous nous battons plutôt pour des principes et des valeurs, mais aussi pour l’équité et la justice sociale. C’est sur ces points que s’articule notre combat» a-t-il laissé entendre, non sans souligner, qu’ils ont fait le procès verbal et que ses collègues vont se prononcer dans les jours à venir. Car, explique-t-il, le Cusems est une structure collective qui s’articule sur des principes et des valeurs. Pour couronner le tout, le secrétaire général du Cusems de dire: «Ce que dit le président de la République n’est pas conforme à nos revendications parceque nous demandons la réduction des écarts salariaux et l’alignement de l’indemnité de logement». Sur les autres questions concernant les engagements de l’Etat, le secrétaire général du Cusems est d’avis qu’il y a un manque de volonté politique de la part de l’Etat. Selon lui, ces points ne doivent même pas faire l’objet de grève. Il s’agit entre autres de l’arrêté sur la succession démocratique du personnel enseignants, de la création du corps des administrateurs scolaires, de l’immatriculation des professeurs et maîtres contractuels, les lenteurs administratives, les rappels estimés à 85 milliards. Aussi, a-t-il suggéré, au président Macky Sall de prendre exemple sur le président guinéen qui, face à la crise scolaire qui prévaut en Guinée, a pris la responsabilité d’augmenter à hauteur de 40% les salaires des enseignants.

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