Ce qu’il faut savoir sur la condamnation de Khalifa Sall

Le verdict est tombé. Khalifa Sall et Mbaye Touré, le directeur administratif et financier de la Ville de Dakar ont été déclarés coupables d’escroquerie portant sur des deniers publics. Le préjudice est estimé à 1,8 milliard de francs appartenant à la Mairie de Dakar. C’est sur la base d’un cumul de culpabilités que le président Malick Lamotte a condamné les deux susnommés à 5 ans de prison et 5 millions d’amende chacun.

Le juge, au cours du délibéré a relevé que ‘’les éléments constitutifs du délit d’escroquerie portant sur les deniers publics reprochés à Khalifa Sall et Mbaye Touré sont bien caractérisés’’.

Quant aux percepteurs Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bokoum, le tribunal leur a reproché de n’avoir jamais voulu jeter le moindre regard sur les factures. Il est fait grief aux deux prévenus d’avoir adopté une attitude de soumission qui a facilité la commission de ce délit d’escroquerie et de ne pas s’interroger sur la pertinence d’achat régulier de riz. En l’absence de preuves pour démontrer qu’ils ont facilité la commission de cette infraction, le tribunal dit ne retenir aucun fait de complicité de ce chef. D’où la relaxe pour escroquerie pour les chefs d’escroquerie de deniers publics au profit des 6 autres prévenus (tous à l’exception de Khalifa Sall et de Mbaye Touré).

Le tribunal qui a relaxé l’ensemble des prévenus pour le délit d’Association de malfaiteurs retenu contre eux, a aussi blanchi Mbaye Touré et Khalifa Sall du délit de Blanchiment de capitaux.

Pour les détournements de deniers publics reprochés à Khalifa Sall et Mbaye Touré, le tribunal les a déclarés coupables. Ces deux se sont servis de 110 fausses factures, a dit Malick Lamotte, pour disposer mensuellement de 30 millions. ‘’Il ne peut être discuté que Khalifa Sall a donné l’ordre aux percepteurs de payer par mandat. Il ne résulte pas de la nomenclature un fonds libellé fonds politique. Dans ces conditions, à défaut d’une base légale ou réglementaire, le tribunal ne peut parler de fonds politiques. Les prévenus n’avaient pas besoin d’avoir recours à de fausses pièces si les fonds étaient politiques pour accéder au payement de ces sommes’’, a indiqué le président du tribunal correctionnel.

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