HOLGER GRIMM DE LA FONDATION FRIEDRICH EBERT STIFTUNG : «le sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau ne sont pas à l’abri de l’extrémisme…»

Dans le but d’identifier les défis sécuritaires communs au sénégal, à la gambie et à la guinée Bissau, la fondation friedrich ebert tient depuis hier un atelier. ce, en collaboration avec West africa network for peacebulding (Wanep). selon ses initiateurs, cette rencontre a pour finalité de formuler des propositions politiques et stratégiques de prévention ou de résilience. celles-ci seront soumises aux décideurs politiques des 3 pays concernés et permettront d’agir de manière positive face à des menaces hybrides et multidimensionnelles comme l’extrémisme.

Pour faire face à l’insécurité et à la criminalité transfrontalière, le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau sont en conclave depuis hier à Dakar. Durant cette rencontre initiée par la Fondation Friedrich Ebert, les trois pays vont tenter «d’identifier ensemble leurs défis sécuritaires communs, pour une meilleure réponse commune». Selon le directeur Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne de la Fondation Friedrich Ebert, Holger Grimm, «apporter des réponses aux défis sécuritaires et pour l’instauration de gouvernance démocratique pourrait contribuer à aider l’ensemble des pays de la sous-région à aller vers une stabilité politique et un développement. Car sans développement, il n’y a pas de sécurité. Sans sécurité, il n’y a pas de développement», souligne-t-il. Si on examine les relations entre ces trois pays du point de vue géographique et sécuritaire, indique M.Grimm, «l’on se rend vite compte qu’indépendamment de la région naturelle de la Casamance où sévit un conflit depuis plus de 30 ans, différents enjeux et menaces sécuritaires existent et interagissent. La dimension sous régionale et transnationale tend à prendre en compte ces défis dans un contexte sécuritaire très délétère au Sahel et en Afrique de l’ouest. Donc la coopération entre les 3 Etats est nécessaire et inéluctable pour y faire face. Même si au regard des faits, la Gambie, la Guinée Bissau et le Sénégal ne sont pas encore confrontés à des actes d’extrémisme et de violence ou de radicalisme, il n’en demeure pas moins qu’ils restent en danger», prévient le directeur Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne. Poursuivant, il estime que «dans ces zones, les communautés vivent de part et d’autre des frontières et ne tiennent pas compte des mythes frontaliers. Cette facilité de déplacement des populations, qui est bien sur le plan du développement économique et de l’intégration intercommunautaire si les risques sécuritaires sont bien pris en compte, témoigne de la porosité des frontières et peut contribuer à faciliter le déplacement des groupes armés et constitue un véritable terreau fertile pour l’insécurité et la criminalité transfrontalière». Le seul bémol de l’avis de Holger Grimm, c’est que sur le plan sécuritaire et démocratique, la situation de ces trois pays a évolué dans le bon sens ces dernières années. «Et pour cause, le Sénégal a un gouvernement stable, la Gambie a chassé son ancien dictateur, la Guinée Bissau essaie pour le moment de sortir d’une crise politique», analyse-t-il. A en croire Simon Badiane, pré- sident du Conseil d’administration de Wanep, le défi sécuritaire constitue un sujet d’une grande envergure pour nos pays limitrophes. «Dans un contexte où nous avons besoin de paix en Afrique, il est important qu’on se retrouve et qu’on réfléchisse sur comment nous pouvons travailler à plus d’inté- gration et prévenir en même temps les conflits qui pourraient surgir au niveau de nos pays obligés de vivre ensemble. Car, on ne peut pas déplacer un pays stable. Donc nous allons chercher les moyens de créer un meilleur cadre entre nos différents pays», promet-il.

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