SITUATION NATIONALE DU PAYS : AYMEROU GNINGUE, fait feu de tout bois

Aymérou Gningue vit sa première expérience parlementaire. A la tête du groupe parlementaire de la majorité Benno Bokk Yakaar (Bby), le maire de Mérina Dakhar dresse un bilan partiel de l’activité parlementaire et ne manque pas de fustiger le débat de caniveauque suscite la questionpétrolière.Il estime que ceux quipensent atteindre le président Macky Sall en agitant la question du étrole et du gaz se trompent lourdement. Entretien

Avec votre première expérience parlementaire, vous avez été porté à la tête du groupe de la majorité. Quel bilan faites-vous de votre mission à mi-parcours?

Aymérou Gningue : Je rends grâce à Dieu et je remercie le Président Macky Sall. Le bilan du mandat qui a commencé en mi octobre de l’année dernière est jusque-là globalement positif. C’est certes ma première expérience parlementaire qui coïncide avec le fait que j’ai été porté à la tête du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, fort de 127 députés, mais globalement, on s’en tire plutôt bien. Le premier capital que je tire de cette mission est qu’elle m’a permis de connaître une diversité d’hommes et de femmes, venant de tous les horizons du Sénégal. C’est une représentation très importante et aujourd’hui, je les connais tous, de nom, de pré- noms et d’origine. Notre groupe est riche car il composé à 66% d’élus locaux. Nous avons dans le groupe 33 députés qui sont en même temps des maires, 8 députés qui sont des présidents de Conseils Départementaux et 44 députés qui sont des conseillers municipaux ou départementaux. C’est véritablement un Sénégal en miniature avec des députés à fort ancrage dans leur base perspective, qui ont des mandats locaux et qui sont venus à l’Assemblée avec des expériences diverses. C’est extrêmement enrichissant. D’un autre point de vue, cette législature qui vient de commencer nous a permis de travailler sur la loi de finances initiale, qui est la résultante de tous les programmes du gouvernement. Cela nous a permis de balayer tous les programmes que le gouvernement veut mettre en œuvre en 2018. Certes nous n’avions pas été là à l’élaboration de ce budget, le débat budgétaire ayant été mené par les députés de la 12ème législature, mais le fait de travailler dans les commissions techniques, dans les commissions de l’économie générale et dans les plénières, nous a permis d’avoir une connaissance parfaite des projets du gouvernement. Au delà de ces aspects, il y a eu des questions majeures qui concernent la démocratie du Sénégal notamment la levée de l’immunité parlementaire d’un de nos collègues inculpés. Cela aussi participe à la vie du Parlement et je me réjouis qu’on ait utilisé toutes les procédures, dans le respect de la réglementation. Le Parlement, c’est aussi le lieu d’expression démocratique par excellence, où tous les débats sont posés, dans une courtoisie républicaine.

D’où un enrichissement réciproque pour les uns et les autres. Avec-vous rencontré des difficultés?

Oui, il y a toujours des difficultés. La vie humaine n’est pas un exercice facile. Nous avons eu véritablement à affronter des difficultés, mais les enjeux sont passionnants. Nous n’avons pas parfois avec les autres d’en face les mêmes conceptions, nous ne venons pas des mêmes chapelles politiques. Le Parlement est forcément le prolongement de nos chapelles politiques. Et sous ce rapport, les débats ne sont pas toujours sereins. Ils sont parfois teintés d’idéologie voire même de politique politicienne. Mais enfin, ce qui est important, c’est que nous avons pu atteindre nos objectifs.

Est-ce que nous avons fait le travail dans la sérénité en respectant les lois et règlements de ce pays?

Assurément oui. En effet, les députés votent les lois et on ne peut voter les lois et les transgresser. Nous avons toujours été dans la légalité des textes qui régissent l’Assemblée Nationale et nous avons travaillé dans un esprit de concorde et de partage avec tous les députés.

Pour le moment, quelles sont vos plus grandes satisfactions ?

C’est peut-être un peu tôt de parler de satisfaction globale. Je suis dans un processus où tout défi qui est relevé est déjà un motif de satisfaction. Or la vie est faite continuellement de défis.

A votre avis, quelles les motivations de Idrissa Seck quand il attaque le régime sur la question du pétrole du gaz?

Au Sénégal, la recherche pétrolière a débuté bien avant les indé- pendances, mais des découvertes importantes viennent d’être faites. Le potentiel pétrolier est là et le Sénégal fait l’objet d’une attraction qu’il n’a jamais connue dans le passé. Donc, il est normal que les forces politiques s’agitent autour de ces nouvelles découvertes. Mais il ne faut pas oublier que le Sénégal est régi depuis longtemps par un code pétrolier. Quand les gens pensent qu’ils peuvent atteindre le Président en secouant l’épouvantail du pétrole et du gaz, c’est une bataille perdue d’avance. Le Président connaît très bien la législation pétrolière, il fait partie des artisans du code pétrolier en vigueur. Et ce code va évoluer parce qu’à partir du moment où on a une découverte, on n’est plus le même pays, on n’a plus le même standing. On devient une autre attraction et on a besoin de réadapter son code par rapport à la nouvelle réalité. On assiste à un débat houleux sur la question alors que l’exploitation n’a pas encore commencé Parfois, je suis particulièrement stupéfait du débat de caniveau. D’abord le président de la République ne signe pas un accord. Les accords dont signés par des plénipotentiaires désignés à cet effet. Le président de la République ratifie les accords avec l’autorisation du Parlement. Aucun accord au Sénégal ne peut être ratifié sans passer par le Parlement. C’est un projet de loi qui est présenté par le gouvernement pour autoriser le président de la République à ratifier et quand ce projet arrive au Parlement, il fait l’objet d’un débat public avec tous les députés. C’est après ce processus que le Parlement donne l’autorisation au président de la République de ratifier

Autrement dit, Idrissa Seck fait fausse route ?

Il fait fausse route du point de l’orthodoxie, car il ne sert à rien d’ouvrir des portes déjà ouvertes. Laissons le processus aller naturellement. Je vous assure que toutes les mesures seront prises pour que cet accord-là puisse être regardé et étudié conformément aux intérêts de notre pays. Nous sommes dans un processus dynamique. Dans tous les cas, les inté- rêts du Sénégal seront sauvegardés, les intérêts des populations préservés. Tout sera fait pour sauvegarder les richesses de notre cher pays. Richesses qui seront ensuite partagées de façon inclusive.

Avec la grève des syndicats, les attaques de l’opposition, le procès Khalifa Sall, n’avez-vous pas des inquiétudes en perspective de la présidentielle de 2019 ?

Non, je n’ai aucune inquiétude. Je ne suis pas naïf. Une année préélectorale est toujours une année d’ébullition sociale. Tout le monde se dit qu’on va vers des rendez-vous importants et c’est maintenant qu’il faut poser les questions sur la table et trouver des solutions. Mais le gouvernement qui est là est extrêmement responsable, pour donner corps à la vision du président de la République qui est de développer le pays par tous ses fils et pour tous ses fils. Les préoccupations de tous les Sénégalais seront prises en compte. Cependant, il y a la réalité économique qui fait qu’on ne peut pas régler tout de suite tous les problèmes du pays. Ce qui est important, c’est qu’on puisse respecter les accords que nous avons signés.Au Sénégal, il y a une question fondamentale qui ne peut être différée continuellement. C’est celle de la maîtrise de la masse salariale. C’est une question importante qui mérite que le Parlement, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (Hcct), le Conseil Economique, Social et Environnemental (Cese) puissent se retrouver en un congrès pour entendre le chef de l’Etat prendre des mesures fortes et amener le pays tout entier à réfléchir sur la question de la masse salariale. Si on ne règle pas cette question, on arrivera demain à une situation où personne ne pourra plus maîtriser cette inflation. Un pays ne peut donner plus que ce qu’il a. Il y a deux ans déjà, le Président disait qu’il était prêt à régler tous les problèmes de l’école, mais que sa seule limite était d’ordre budgétaire. C’est impossible d’inventer des ressources pour régler des problèmes. Le Sénégal est un pays de dialogue et les hommes qui ont été placés à la tête des différents ministères ont suffisamment de tacts pour discuter avec les gens et trouver des solutions qui permettent aux uns et aux autres de savoir raison gardée. Ce pays-ci nous appartient à tous, nous n’avons pas besoin de le brûler, nous avons obligation d’y aller avec toute la sérénité requise pour gagner la bataille du développement, la seule bataille qui vaille. Et pour le deuxième mandat, vous êtes confiants ? Je suis plus que confiant. Je viens de Nioro où le président de la République a investi plus de 30 milliards de Fcfa pour régler les problèmes d’assainissement de la ville de Nioro, la question de la voirie urbaine sans compter la route qui va de Dinguiraye à la frontière gambienne.

Vous croyez que ces populations seront insensibles à ces réalisations ?

J’ai discuté avec le ministre de l’Education qui m’a montré les réalisations qui ont été faites dans des contrées qui n’ont jamais vu le ciment et qui aujourd’hui étrennent des infrastructures modernes. La plus grande bataille que le Président Macky Sall aura menés et gagnés, c’est la lutte contre la fracture entre les campagnes et les villes. Cela ne veut pas dire qu’il a oublié les villes, car un programme dénommé Promovilles permet aussi de faire des investissements structurants dans les villes.

Quelle sera la contribution de votre département de Tivaouane dans cette réélection ?

Elle sera décisive. Le département de Tivaouane a un potentiel de 220.000 électeurs, qui va se renforcer avec les nouvelles inscriptions. Nous allons travailler dans l’unité etfaire comprendre à toutle monde que c’estl’heure du Président. Les combats de positionnement politique doivent être derrière nous.Il y a une seule personne aujourd’hui qui a besoin de recueillir les voix des Sénégalais, c’est le président de la République. Nous allons le faire en battant campagne dans l’unité et dans les 18 communes du département, dans tous les coins et recoins du département pour que le 24 février à 18 heures le Président Macky Sall gagne avec un taux d’au moins de 60%.

 

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