Ethiopie: un état d’urgence de six mois soumis à un vote au Parlement

En Ethiopie, on en sait un peu plus ce samedi 17 février sur l’état d’urgence déclaré vendredi par le Conseil des ministres. Le ministre de la Défense a donné une conférence de presse samedi matin à Addis-Abeba. Siraj Fergessa a dévoilé quelques-unes des mesures en vigueur dans le pays, pour les six prochains mois, dont l’état d’urgence.

Comme prévu par l’article 93 de la Constitution éthiopienne, le pays est désormais dirigé depuis un poste de commandement. A sa tête figure le Premier ministre démissionnaire Hailemariam Desalegn. Il a fait part, jeudi, de sa volonté de quitter ses fonctions mais il a promis de rester aux affaires tant qu’un remplaçant ne lui serait pas trouvé.

Figurent également dans ce poste de commandement, d’autres personnalités telles que le ministre de la Défense, le vice-Premier ministre ainsi que les chefs de l’Armée et des Services de renseignements.

Selon les agences de presse Reuters et Associated Press, les manifestations sont interdites mais aussi les publications et écrits incitant à la violence.

Certains reporters locaux évoquent dix-huit mesures précises, prises par le gouvernement, qui devraient être dévoilées très prochainement.

Cette loi d’exception doit durer six mois qui peuvent être étendus de quatre mois supplémentaires, mais le Parlement doit encore l’approuver d’ici deux semaines. Il sera intéressant de voir si les partis Amhara et Oromo, membres de la coalition au pouvoir, voteront ou non en sa faveur. Selon plusieurs médias locaux, ils seraient plutôt contre ce nouvel état d’urgence.

Une mesure de prudence

L’état d’urgence a été décrété dans la foulée de la démission du Premier ministre, les autorités invoquant le risque de « nouveaux affrontements éthniques » et la nécessité de « protéger l’ordre constitutionnel ». Pour Gérard Prunier, ancien chercheur au CNRS et spécialiste de l’Ethiopie, il s’agit surtout d’une mesure de prudence afin de protéger l’unité de l’Etat fédéral éthiopien.

« L’état d’urgence permet de paralyser n’importe quel processus politique »
( Avec Rfi )

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