KHALIFA SALL A LA BARRE «Je suis victime de mesures de neutralisation»

Les conseils de la défense, Mes Kamga, François Sarr, Ousseynou Fall et papa Leïty Ndiaye ont interrogé longuement hier, le député-maire, Khalifa Sall. Ce dernier se dit convaincu que la première fouille de l’Ige sur la caisse d’avance sera la dernière et qu’elle ne visait qu’à le «neutraliser» en tant qu’adversaire politique.

Questionné sur la gestion des fonds politiques, il précise que les hautes autorités politiques, en l’occurrence, des chefs d’Etat, souvent ses interlocuteurs, pouvaient attester par leurs dires et attitudes de l’effectivité de ces fonds politiques. Sans citer de nom, il précise, tout de même ses discussions avec l’une de ces hautes autorités. «De nos rencontres fréquentes et régulières nous discutions de notre travail et j’ai eu la confirmation que ces fonds politiques existent. Toutes ces autorités sollicitaient la marie pour leurs activités spécifiques. Il ne leur est jamais venu à l’esprit de priver la mairie de Dakar de ces fonds. La seconde personnalité, est le deuxième président de la République du Sénégal (Ndr Abdoulaye Wade), qui a compris qu’il fallait une relation étroite et même une association dans les actions à mener. «Nous avions même décidé de construire un métro pour Dakar et le projet était très avancé. Cet ancien président était très actif dans le fonds de solidarité numérique. Cela ne veut pas dire que nous lui avons donné de l’argent, mais nous en avons parlé», a révélé le prévenu vedette du procès de la caisse d’avance. La dernière personnalité est le président Macky Sall qu’il a rencontré deux fois. C’est à l’occasion de la dernière rencontre qui remonte à septembre 2012, que le Chef de l’Etat lui a parlé du fameux fonds. Au sujet de la mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige), il estime que le rapport devait être déclassifié pour que tous les Sénégalais prennent connaissance de son contenu. Le rapport avait suggéré de réduire les charges qu’engageaient les agents de la mairie mis à la disposition de la direction des collectivités locales, du ministère de l’éducation, etc. Les vérificateurs avaient aussi demandé qu’ils arrêtent de nommer des directeurs par intérim. Ils ont répondu que la mairie ne savait pas si elle allait garder ces personnes ou non. L’intérêt de l’Ige a aussi porté sur les contrats de travail. «Nous avons répondu que du temps de Mamadou Diop, la mairie avait recruté 26 ingé- nieurs, mais ils sont tous partis, parce que le niveau des émoluments est tellement faible qu’ils ne peuvent pas garder un Bac+5 plus d’un an. Ensuite, le rapport de l’Ige a parlé des archives, les meubles à remplacer…», résume Khalifa Sall. Me Kamga, a fait projeter un document du conseil colonial de Dakar de 1923 qui avait «masqué» les fonds politiques dans les fonds communs pour lui demander ce que le mécanisme lui inspire. «J’en conclue que le portage de ces types de fonds qui ne sont pas à justifier, relève du contexte et des institutions», commente le député-maire de Dakar, à la barre. Me Ousseynou Fall a voulu savoir s’il n’était pas plus tranquillisant pour son client d’accepter le «chantage odieux» de l’offre politique qui lui a été faite. A cette question, le prévenu a rétorqué ceci : «Je reste un militant attaché à des valeurs. Je ne me suis jamais intéressé aux postes et responsabilités, quand je prends une décision, je la respecte. Il est prêté à des gens de l’ambition d’un certain poste. Vous avez raison, si j’avais accepté… Avant que je vienne ici, on m’a dit que l’Etat est un gros, gros rouleau compresseur et il va t’écraser. Mais, je n’ai pas commis de faute qui justifie le sort qui nous est réservé, les raisons de ma présence sont politiques. Quand on fait une inspection de 18 mois, qu’on ne trouve pas de marché trafiqué, ni de corruption et qu’on fouille dans les fonds politiques, il y a problème. Du percepteur au plus jeune employé, aucun n’a pris un sou, libérez-les». A Me Papa Leïty Ndiaye qui a voulu savoir ce qu’il pense des deux percepteurs qui ont nié l’existence des fonds communs et qui ont fini par le reconnaître hier, Khalifa Sall sourit avant de répondre simplement : «J’ai travaillé avec eux pendant des années, je refuse de juger qui que ce soit. Ils savent que les dispositions dans la pratique jurent d’avec la règle et aussi que l’Etat était dans le dispositif».

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