Paris : la crue de la Seine pourrait atteindre les 6,20 mètres, plus qu’en 2016

Paris : la crue de la Seine pourrait atteindre les 6,20 mètres, plus qu’en 2016 La Seine déborde à Paris, le 22 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Ce mercredi, 23 départements sont encore en vigilance orange crues et inondations
Les crues et les inondations menacent toujours une partie de la France. Ce mercredi 24 janvier, 23 départements sont encore en vigilance orange crues et inondations car le niveau de certains fleuves, comme la Seine, continue de monter dangereusement. Dans son dernier bulletin publié mercredi matin, Vigicrue annonce :

« Des cumuls de pluies sont prévus jusqu’à mercredi soir. Les crues en cours vont donc poursuivre leur propagation durant les prochains jours en générant d’importants débordements sur de nombreux cours d’eau du Nord et de l’Est du pays. »
« Une nouvelle perturbation » est attendue pour jeudi « avec des pluies qui devraient se renforcer en traversant le pays d’ouest en est », selon Vigicrues.

Aggravation à Paris

Dans la capitale, la crue de la Seine pourrait atteindre ou légèrement dépasser, d’ici à la fin de la semaine, le pic de 6,10 m de 2016, en fonction des précipitations. Mardi midi, le niveau a été mesuré à plus de 5 mètres au pont d’Austerlitz.

« On s’oriente vers un niveau de crue assez semblable à celui de 2016. La cote de ce matin était de 5,12 mètres à Austerlitz pour une prévision annoncée hier entre 5,10 m et 5,40 m », a déclaré ce mercredi le préfet de police Michel Delpuech lors d’un point presse, assurant que tous les services et opérateurs concernés étaient « mobilisés » et « vigilants ».

Jeudi, le niveau pourrait atteindre « 5,30 m à 5,60 m, vendredi matin 5,60 m à 5,80 m, et le maximum probable se situerait entre 5,80 m et 6,20 m le week-end à partir de samedi », a-t-il encore déclaré.

« Trois mots résument la situation : mobilisation, vigilance et maîtrise. La mobilisation : tous les opérateurs sont au travail, des cellules de crise se mettent en place, chacun anticipe l’événement avec des plans internes, des scénarios anticipés. Vigilance parce que le suivi est fait de manière très fine, et maîtrise parce qu’à l’heure qu’il est l’impact de l’événement reste mesuré. »
La ligne C du RER sera fermée mercredi dans la capitale, et ce au moins jusqu’à vendredi.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a réuni mardi la « cellule de crise » de la Ville, avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF, etc). « Nous restons extrêmement vigilants », a-t-elle déclaré.

Le Louvre, qui comme le Musée d’Orsay en 2016 avait dû mettre ses réserves à l’abri, s’est dit lui aussi « très vigilant » :

« Nous déclenchons notre plan de prévention des risques de crue lorsque la Seine atteint 5,08 mètres. »
« A Paris, hors les berges, les conséquences devraient être les mêmes qu’en 2016 », a toutefois commenté Jérôme Goellner, patron des services de l’Etat en charge de l’Environnement dans la région (DRIEE).

« C’est surtout en amont et aval que les conséquences peuvent être plus dommageables, similaires à celles de 2016 », selon Jean-Marc Dolmière, adjoint au directeur de l’organisme de suivi des cours d’eau Vigicrues.

« L’eau monte en amont sur la Marne, puis elle commence à descendre, et rejoint la Seine. »
Appels à la prudence

Des « débordements importants » étaient d’ailleurs en cours, mardi soir, notamment en amont de la Marne et sur l’Yonne, selon Vigicrues, qui scrute 22.000 km de cours d’eau – opération complexe réalisée grâce à des « échelles relatives », dont la plus célèbre installée au pont d’Austerlitz.

« La situation est sérieuse mais il n’y a pas lieu de s’angoisser aujourd’hui outre mesure », a commenté mardi la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson, tandis que son collègue Sébastien Lecornu appelait à la « prudence ».

Une crue « modérée » est en cours sur le Rhône en aval de Lyon. Dans le Nord-Est, « les niveaux demeurent élevés sur de nombreux cours d’eau, en particulier sur la Meuse et le Rhin ».

Dans l’Est, le pic de crue du Rhin « a été atteint à 18 heures » a indiqué la préfecture du Bas-Rhin, qui a souligné que la décision de remplir un polder de 600 ha avait « fait son œuvre en arrêtant la crue » et a ajouté :

« La décrue s’amorce doucement, même si les niveaux d’eau restent très élevés. »
La navigation sur le fleuve, arrêtée mardi, a pu reprendre sur « certains tronçons très minoritaires en contrebas, mais les conditions restent difficiles pour la navigation », a-t-elle précisé.

En vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, Montbéliard a atteint son pic de crue. Ce devait être aussi le cas à Besançon dans la nuit.

Dans le Jura, en raison de craintes d’inondations et de « quelques mouvements de terrain », les transports scolaires ne circuleront pas dans douze communes du département mercredi, où écoles et collèges seront fermés.

(avec AFP)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.