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DESACCORD SUR L’INDEMNITE DE LOGEMENT: les enseignants annoncent un débrayage et une grève totale

Les négociations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants se sont soldées par un échec, du moins dans la première phase. En effet, les syndicats considèrent la somme dérisoire et annoncent un débrayage ce mardi et une grève totale, le mercredi suivant.

La proposition du gouvernement d’ajouter 6000 F Cfa sur l’indemnité de logement ne satisfait pas les enseignants. Ils considèrent cette somme dérisoire et à la limite même la proposition comme une insulte. Les syndicats d’enseignants les plus représentatifs (Sels, Sels/A, Cusems, Saems, Snelas/fc et Uden) qui se réunissaient samedi dernier, pour procéder à l’évaluation des propositions du gouvernement ont même annoncé de perturber le système. Ils comptent mettre en œuvre leur deuxième plan d’actions en procédant à un débrayage ce mardi, à partir de 9 heures, suivi d’Assemblées générales et d’une conférence de presse des Secrétaires géné- raux le même jour. Le lendemain, mercredi, les syndicats ont décrété pour une grève. Joint au téléphone, le Secrétaire général du Saems s’est désolé du fait que le gouvernement ait lui-même reconnu que le régime indemnitaire est frappé d’iniquité et d’injustice ; pour ensuite faire une proposition sur l’indemnité de logement en deçà de leurs attentes. « Quand le gouvernement dit qu’il met 10% pour l’indemnité de logement, c’est-à-dire 6000 francs de plus, c’est nous insulter. Le gouvernement se moque de nous. Et j’ai indiqué clairement au Premier ministre, lors des négociations qu’une telle proposition, c’est ne pas respecter les enseignants», a confié Saourou Sène. LES PRéTENTIONS DES SYNDICATS A la question de savoir quel est le minimum syndical pour les enseignants concernant cette indemnité de logement, à cette question M. Sène apporte quelques précisions. Selon lui, il faudrait d’abord retenir aujourd’hui que les enseignants ne font pas 100 000 comme le prétend le gouvernement. Il informe qu’aucune étude sérieuse n’a été faite à ce sujet. Cela étant, Saourou Sène laisse entrevoir que « rien n’empêche au gouvernement d’allouer 200 000 F Cfa aux professeurs de lycée qui ont le même rang que les magistrats qui perçoivent actuellement 700 000 Francs Cfa. Quand vous prenez les professeurs d’enseignement secondaire qui ne font pas au total 2 000 agents au Sénégal et qui sont au même niveau que les commissaires. Le gouvernement peut les remettre 125 000 F Cfa, là où les Commissaires ont une indemnité de 200 000 F Ffa. Ainsi, on ajoutera pratiquement 60 000 F Cfa aux 60 000 F que ces professeurs d’enseignement secondaires perçoivent actuellement. Enfin, si vous prenez les instituteurs qui ont actuellement 60 000 F Cfa ; vous leur rajoutez au moins 80 mille avec un 20 mille francs de plus. » Le Secrétaire général du Saems demeure convaincu que sa proposition est faisable ; d’autant que, souligne-t-il, le budget du Sénégal a augmenté. Non sans déplorer qu’à chaque fois qu’il y a une commande politique comme le HCCT et d’autres institutions à coût de milliards, on ne parle jamais de la situation économique du pays. « Mais quand il s’agit des travailleurs plus particulièrement, ceux de l’enseignement, on nous dit que nous sommes un pays pauvre. On ne peut plus l’accepter », a-t-il martelé. Poursuivant, il indique qu’un gouvernement qui est capable de faire un TER à 800 milliards de francs, s’il dit qu’il ne peut pas rehausser l’indemnité de logement tel que les enseignants le veulent, c’est parce qu’il manque de volonté politique pour l’Education. Par ailleurs, Saourou Sène a attiré l’attention sur le fait que tous les points énoncés comme résolus par le porte-parole du gouvernement n’ont jamais fait l’objet de grève. Il explique : «Nous avons jamais fait la grève pour le dégel des prêts de la Direction de la monnaie et du Crédit gelés depuis 2010 et qui concerne tous les agents de la fonction publique. Nous n’avons jamais fait de grève pour les rappels d’avancement d’inté- gration ou de titularisation. Et aujourd’hui, le gouvernement annonce 34 milliards pour éponger le maximum. Si ces dettes se sont accumulées au niveau des finances, la faute à qui ? C’est à l’Etat du Sénégal. Parce que les ressources du pays sont orientées vers autres choses au détriment des travailleurs. Ils ont parlé d’actes que le gouvernement mettrait à la disposition des coopératives d’enseignants à travers le ministère de l’habitat. Mais c’est des choses qu’on a annoncées, depuis Mathusalem. Et nous n’avons jamais été en grève pour ça. Idem pour les indemnités de déplacement du Bac à hauteur de 211 millions ». En outre, le Secrétaire général du Cusems s’est désolé du fait que l’Etat ait refusé de s’engager sur le système de rémunération. Alors que, dit-il, le gouvernement donne raison aux enseignants. « Cela signifie que le gouvernement refuse. C’est un manque de courage politique. Maintenant, s’ils ne peuvent pas régler la question du système de rémunération, qu’ils corrigent au moins l’indemnité de logement comme ça, on pourra attendre d’avoir un gouvernement beaucoup plus responsable pour changer le régime indemnitaire. On ne peut pas accepter qu’on nous dise que vous avez raison, mais on n’a pas de solution », a-t-il conclu.

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