La chaîne Canal+ accusée de promouvoir les intérêts de Bolloré au Togo.

En France, la chaîne de télé Canal + est accusée d’avoir fait la promotion du Togo sur son antenne. Le site d’informations Les Jours affirme que la chaîne cryptée a diffusé le 22 décembre 2017 un « publireportage » sur le pays, tandis que Vincent Bolloré, l’actuel patron de la chaîne, a réalisé au Togo, en 2017, un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards.

En décembre dernier, deux responsables de Canal + ont été écartés après la diffusion d’un reportage sur la mobilisation des opposants togolais au président Faure Gnassingbé. Le reportage avait fortement déplu à la direction. Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef à Canal +, élu du personnel au comité d’entreprise et membre de la société des journalistes de la chaîne estime que cette affaire et celle de la diffusion du « publireportage » sont liées.

« Cette affaire de reportage publicitaire pour le Togo, diffusé dans le plus grand secret, fin décembre, nous, on n’est pas au courant en fait. Parce que, par définition, ça a été une diffusion secrète. J’essaie de retrouver ce reportage pour voir sa nature et je ne le retrouve pas. Donc, ça s’avère être un reportage clandestin. On ne sait pas où il est, mais clairement, ça semble répondre à ce qui s’est passé en octobre. C’est-à-dire un reportage de « L’Effet papillon » (une émission de la chaîne, ndlr), qui donnait la parole à l’opposition togolaise, et qui a, semble-t-il, fortement déplu au président togolais, au point que voilà… Le sujet était trappé de toutes les rediffusions et quand il a été rediffusé par accident en novembre ça a donné lieu à deux licenciements très brutaux au sein de Canal », indique Jean-Baptiste Rivoire.

RFI: Et donc, là, on imagine que vous, en tant que membre de la société des journalistes, vous avez demandé des comptes à votre direction, non ?

« On demande déjà depuis plusieurs semaines pour quelles raisons le reportage critique sur le Togo, diffusé en octobre, a été bloqué et censuré par la suite. On n’a toujours pas de réponse. Et puis, évidemment, on a demandé s’il est exact qu’en parallèle on ait diffusé un publireportage sur le Togo sur les antennes de Canal.

Le problème de fond dans cette affaire, c’est que Vincent Bolloré, l’actionnaire, en principe doit se conformer à la loi française. C’est-à-dire que les intérêts de l’actionnaire ne doivent pas venir entraver la liberté éditoriale des rédactions. Çà c’est la loi Bloch. Et manifestement, dans la France d’Emmanuel Macron, les industriels qui achètent des médias peuvent piétiner la loi en toute impunité », conclut-il.

De son côté, la direction de Canal + n’a pas répondu à nos demandes d’interview.

Rfi.

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