NOUHA CISSE SUR LE MASSACRE EN CASAMANCE «L’exploitation clandestine et anarchique de la forêt est à l’origine de ce drame»

Nouha cissé est historien, observateur et facilitateur dans le processus de paix en casamance. affecté par le massacre qui s’est produit samedi dernier dans la région, il a tenu à donner son avis sur l’origine de cette attaque tout en affirmant que la principale leçon à tirer de cette affaire, c’est qu’il faudra travailler à la préservation de la forêt casamançaise.

«L’exploitation clandestine et anarchique de la forêt est à l’origine du drame qui s’est produit samedi dernier dans la forêt classée de Bayotte occasionnant 13 morts et 7 blessés ». C’est la conviction de Nouha Cissé qui ajoute que l’interdiction de l’exploitation de la forêt est presque le point de convergence à la fois de l’Etat du Sénégal et du MFDC. Au moins, selon lui, les deux protagonistes se rejoignent sur la nécessité de sauvegarder et de préserver l’environnement. «Malheureusement, il y a eu une entreprise de poursuite de l’exploitation de la forêt de manière illicite qui utilise très certainement des personnes sans emploi à la quête de pitance pour la survie», relève-t-il. Devant une telle situation, note-t-il, «on peut tomber sur des forces chargées de la sauvegarde de la surveillance de l’environnement, comme on dit prosaïquement des éléments armés non identifiés dont la préoccupation est aussi la sauvegarde». Nouha Cissé précise cependant que ce sont des élé- ments d’explication et non des éléments de justi – fication. Pourlui, rien ne justifie qu’on tue des gens de cette manière. «C’est abominable», juge-t-il. Pour faire face à l’exploitation illicite du bois, indique M Cissé, on trouve sur le terrain des mesures d’interdiction tout à fait légales et officielles par l’Etat ; mais implicitement ou explicitement véhiculées aussi par les ailes combattantes du MFDC à travers la région. La zone où s’est produite la tragédie, indique-t-il, semble être une zone de repli des coupeurs de bois avec la forte pression exercée par les forces de sécurité et de défense dans le Bignona. Avec le départ de Yahya Jammeh, indique Nouha Cissé, il n’y a plus de grande complicité de trafic transnational le long de la frontière gambienne. Tous ces éléments font que les trafiquants se rabattent sur le sud. «C’est pourquoi, les populations dans la zone sud se sont organisées en comité de surveillance pour la protection de l’Environnement», renseigne. A la question de savoir si ce n’estce pas une réaction par rapport à l’emprisonnement de certains jeunes du comité de surveillance qui ont violenté des coupeurs de bois en voulant faire la loi, Nouha Cissé écarte l’hypothèse de toute implication des membres du comité de surveillance de la localité qui d’ailleurs ont été dissuadés de ne pas utiliser d’autres méthodes que celles prévues par la loi pour lutter contre le trafic de bois. Cependant, il souligne que le fait d’emprisonner des gens dans leur engagement à surveiller l’intégrité de la nature se comprend difficilement et provoque une certaine désaffection face à ce besoin pour la Collectivité de sauvegarder et de préserver l’environnement. Tout compte fait, il souligne que cette bande armée voulait sauvegarder et préserver la nature en utilisant malheureusement une «méthode crapuleuse et abominable.» Mais la leçon à tirer de cela, dit-il, c’est qu’il faut travailler à la sauvegarde de la forêt casamançaise. processus de paix en casaMance Nouha Cissé qui se distingue également en tant que facilitateur du processus de paix en Casamance estime par ailleurs que le processus suit son cours et qu’il est irré- versible. D’autant qu’aucune des factions n’a dénoncé le processus de gestion politique et pacifique. «Fondamentalement, la trajectoire tracée ne semble pas être remise en question», a-t-il indiqué en soutenant que le processus va suivre son cours. Il ne manque pas toutefois de pousser la réflexion plus loin en intégrant dans sa grille de lecture toutes les stratégies qui peuvent permettre d’aller vers l’inclusivité dans le processus de paix. Pour lui, les choses se sont passées au sud loin des bases du chef de guerre qui est en négociation avec l’Etat du Sénégal sous l’égide de la communauté Saint Egidio. Cela étant, «ceux du Sud peuvent vouloir que l’Etat se souvienne de leur existence comme aile combattante pour les négociations. Une sorte de coup d’éclat pour rappeler l’existence de leur faction. Mais c’est juste une grille de lecture», a-t-il soutenu.

 

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